Compte rendu à la suite des élections de 2011

Résultats des élections fédérales de 2011


Les élections fédérales de 2011 ont changé en profondeur dans l'environnement politique canadien.

Depuis le scrutin du 2 mai, le Parti conservateur du Canada (PCC) dirige un gouvernement majoritaire (détenant 166 des 308 sièges à la Chambre des Communes) et le Nouveau Parti démocrate (NPD) forme maintenant, pour la première fois de son histoire, l'Opposition officielle au Parlement. Le Parti libéral du Canada (PLC) a été réduit au statut de troisième parti, alors que le Bloc Québécois (BQ) a perdu lui aussi un nombre important de sièges. De plus, les chefs du Bloc et du PLC, qui n'ont pas été réélus dans leur propre comté, ont démissionné tout de suite après les élections. Un premier député du Parti vert du Canada (PV) a par ailleurs été élu au Parlement. Les résultats finaux sont les suivants :

PCC - 166, NPD - 103, PLC - 34, BQ - 4, PV - 1

Il faut également mentionner que sept candidats autochtones ont été élus dans le cadre de ces élections : cinq sous la bannière du PCC et deux sous celle du NPD :

  • Peter Penashue (PCC), Labrador, Terre-Neuve
  • Roméo Saganash (NPD), Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou, Québec
  • Jonathan Genest-Jourdain (NPD), Manicouagan, Québec
  • Rod Bruinooge (PCC), Winnipeg Sud, Manitoba
  • Selly Glover (PCC), Saint Boniface, Manitoba
  • Rob Clarke (PCC), Desenthé-Missinippi-Churchill River, Manitoba
  • Leona Aglukkaq (PCC), Nunavut, T.N.-O.


Le présent Parlement compte un nombre record de femmes, ainsi qu'une importante cohorte de jeunes, dont bon nombre appartiennent à la délégation néo-démocrate du Québec.

Le 18 mai, le Premier ministre Stephen Harper a présenté son nouveau Cabinet (voir ci-dessous) et annoncé que le 2 juin marquera l'ouverture de la nouvelle session du Parlement qui sera suivie le lendemain par le discours du Trône. Le budget fédéral devrait être présenté en priorité au cours de la semaine suivante.


Analyse postélectorale

Un gouvernement majoritaire signifie que les Conservateurs peuvent maintenant faire adopter leurs budgets et autres mesures législatives par le Parlement puisqu'ils détiennent la majorité des votes. Bien sûr, le processus parlementaire continue de s'appliquer - avant d'être adoptée, une loi doit passer l'étape des trois lectures à la Chambre des communes et être ensuite présentée au Sénat (le PCC détient également la majorité des sièges au Sénat). De plus, des comités parlementaires examineront les lois, mais les Conservateurs y seront aussi majoritaires. Les membres de l'opposition pourront toutefois proposer des amendements et des modifications.

Même si la situation soulève certaines préoccupations, un gouvernement majoritaire procure une certaine forme de stabilité et favorise une planification à plus long terme puisque le gouvernement ne vit pas sous la menace constante d'être renversé par les partis d'opposition. Nous avons constaté cela au cours des dernières années, alors que le gouvernement minoritaire mettait l'accent sur des intérêts à court terme et des approches simplistes. Peut-être nous sera-t-il maintenant possible de discuter d'un programme plus complet tourné vers l'avenir.

La réalité est que l'environnement politique fédéral a changé de façon importante, mais que pour leur part, les conditions qui sévissent dans nos communautés sont restées les mêmes. La nécessité de défendre nos droits et d'obtenir du soutien demeure donc pleine et entière.

Dans l'ensemble, le Premier ministre a indiqué qu'il mettra bientôt en action son programme dont les principaux thèmes sont les suivants : croissance et création d'emplois, soutien aux aînés et aux familles, réduction du déficit et lutte contre la criminalité.

Pour réaliser toutes ces mesures, le gouvernement présentera un budget qui ressemblera à celui qui a été présenté en mars dernier. L'ancien budget prévoyait entre autres des diminutions d'impôts et la mise en œuvre d'un processus de réduction des programmes gouvernementaux de l'ordre de quatre milliards de dollars.

Nous pouvons également penser que la plupart des mesures législatives proposées antérieurement seront de nouveau présentées et que les projets de loi liés à la lutte contre la criminalité et à l'élimination du registre des armes d'épaule figureront en tête de liste. Les projets de loi sur la lutte contre la criminalité retiendront plus particulièrement l'intérêt des Premières Nations et nous devrons nous assurer que nos intérêts sont défendus dans ce processus. La surreprésentation des contrevenants des Premières Nations signifie que les nouvelles mesures pourraient avoir des répercussions disproportionnées sur nos populations.

Nous pouvons de plus nous attendre à un retour en force des projets de loi sur l'eau, sur les biens immobiliers matrimoniaux et sur la divulgation des salaires. L'APN présentera très bientôt un programme visant à encourager le travail avec les Premières Nations afin de nous assurer que nos droits et nos intérêts ne soient pas compromis.


 
Présentation du Cabinet fédéral – Affaires « indiennes » devient Affaires « autochtones »

Le 18 mai, le Premier ministre a présenté son nouveau Cabinet. Les Premières Nations collaboreront avec tous les membres du gouvernement et du Parlement pour faire en sorte nos priorités soient examinées d’une façon qui convienne à nos citoyens et à nos communautés.

L'Honorable John Duncan a été renommé au poste de ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien, mais il faut noter le changement apporté au nom du poste qui passe d'Affaires « indiennes » à Affaires « autochtones ». Le nom du ministère sera également modifié en conséquence.

De nombreuses Premières Nations étaient particulièrement préoccupées par cette modification, car nous voulons nous assurer que le ministre et le gouvernement respectent et maintiennent la relation unique qui existe entre les Premières Nations et la Couronne. Nous allons travailler de concert pour assurer que les droits constitutionnellement protégés des Premières Nations sont respectés, que les responsabilités des Premières Nations sont préservées et que nos intérêts bénéficient d’une attention et de mesures particulières.

Le 19 mai, j'ai eu l'occasion de discuter avec le ministre Duncan et il m'a assuré que le changement apporté au nom du ministère ne modifie en rien la relation qui existe entre les Premières Nations et la Couronne, c'est-à-dire que nos relations et nos droits seront respectés. Le ministre a fait une déclaration publique pour confirmer que le changement de nom ne modifie en rien son mandat et ses responsabilités.

Les Premières Nations présenteront un programme proposant des changements significatifs et durables fondés sur nos traités, nos droits et nos responsabilités. La relation qui existe entre les Premières Nations et la Couronne doit alimenter ces changements, ainsi que la nécessité de changement au sein de la machine et des structures gouvernementales qui en résultent. Il y a 15 ans, la GRC réclamait entre autres la création d'un ministère responsable des relations entre la Couronne et les peuples autochtones.

Je suis tenu de reconnaître que la reconduction du ministre Duncan constitue un signe de l'importance que le gouvernement fédéral accorde à la cohérence et à la stabilité d’un portefeuille aussi important. En fin de compte, des mesures et un changement tangibles s’imposent, au-delà d’un simple changement de nom.

Il faut également mentionner que pour la première fois, deux Autochtones font partie du Cabinet : Leona Aglukkaq (Inuit), qui reprend ses fonctions à la Santé et Peter Penashue (Innu), nouvellement nommé aux Affaires intergouvernementales. Je me réjouis à l'idée de poursuivre notre relation positive de travail avec la ministre Aglukkaq. La nouvelle nomination du ministre Penashue est très importante, car elle nous donne une formidable occasion de faire progresser nos dossiers, compte tenu de son nouveau mandat et de ses responsabilités considérables.


Prochaines étapes et perspectives d'avenir

Les Premières Nations de tout le Canada ont établi des plans bien définis reposant sur nos droits et nos traités en vue de transformer la réalité des Premières Nations de ce pays, pour libérer le plein potentiel de notre peuple, de nos communautés et de nos gouvernements en vue de bâtir un pays plus fort pour tous nos citoyens. La stabilité du nouveau gouvernement – si nous travaillons ensemble conformément à l'esprit de respect et de partenariat prôné dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et aux interprétations des différents traités - nous permettra de promouvoir un programme solide favorisant un changement tangible et substantiel.

Nous avons l'intention de mettre l'accent sur les importants engagements pris par le Premier ministre, notamment l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, et de travailler en partenariat pour renforcer et réformer l’éducation des élèves des Premières Nations, ainsi que promouvoir de nouvelles approches comme la tenue d’assemblées entre les Premières Nations et la Couronne afin de souligner les progrès et d’établir des priorités claires pour l’avenir.

Il est maintenant temps de nous réunir pour mettre de l'avant des progrès, des mesures et des changements qui contribueront à rendre plus forts les citoyens des Premières Nations, leurs gouvernements et leurs nations.


Kleco, Kleco!

Assemblée des Premières Nations