Communiqué du Chef national Shawn Atleo - NOVEMBRE 2012

« Je promets. Arrêtons la violence. » – Garantir justice, sûreté et sécurité pour tous les Autochtones

De concert avec les familles des femmes autochtones disparues ou assassinées, l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et d’autres sympathisants, les membres du comité exécutif national de l’Assemblée des Premières Nations (APN) et moi-même ont rendu hommage aux victimes dans le cadre de la veillée organisée par Sœurs d’esprit le 4 octobre 2012. En juillet dernier, comme vous le savez, les Chefs en assemblée ont déclaré le 4 octobre Jour national du souvenir, en mémoire de celles qui ont souffert ou perdu la vie à la suite d’actes de violence. À cette occasion, nous avons réitéré nos appels en vue de la mise sur pied d’une Commission nationale publique d’enquête pour mettre fin à la violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles autochtones, en réclamant notamment des mesures urgentes dans ce domaine de la part des gouvernements et de toute la population canadienne.

L’APN a déclaré le 18 octobre Journée nationale de mobilisation et a encouragé la tenue d’activités communautaires dans toutes les régions. Avec l’aide du bureau national du SCFP, nous avons lancé sur les médias sociaux une campagne de cartes postales avec comme objectif de mettre fin à la violence au sein et à l’encontre des Autochtones au Canada. Comme toute campagne débute par un engagement individuel, « Je promets – Arrêtons la violence » est un vœu qui encourage tous les citoyens autochtones et du Canada à s’engager personnellement à vivre sans violence. Des milliers de citoyens ont fait cette déclaration dans le cadre de l’Assemblée générale annuelle en juillet dernier, en signant une bannière encourageant à vivre sans violence et à favoriser des communautés autochtones sûres et sécuritaires. De nombreuses personnes prennent maintenant cet engagement en ligne à http://www.afn.ca/index.php/fr/secteurs-de-politique/mettre-fin-a-la-violence et peuvent également envoyer une carte postale au premier ministre Stephen Harper pour réclamer la mise sur pied d’une Commission nationale publique d’enquête sur la violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles autochtones.

L’appel en vue d’une telle enquête a été réitéré avec insistance par les dirigeants des Premières Nations depuis plusieurs années, et à nouveau lors de l’Assemblée générale annuelle de juillet dernier alors que les Chefs en assemblée ont une nouvelle fois souligné la nécessité d’une Commission nationale publique d’enquête, laquelle devrait notamment comprendre des audiences, un examen des politiques et procédures de la police en matière de recherche, d’enquête et de communication entre ses services, les hauts responsables et les familles, ainsi qu’un examen des facteurs de risque socioculturels et socioéconomiques auxquels sont exposées les femmes et jeunes filles autochtones.  

Plus particulièrement, une Commission nationale publique d’enquête sur la violence à l’encontre des femmes et jeunes filles autochtones permettrait :

  • de garantir un examen ouvert et transparent des facteurs socioéconomiques, politiques et historiques qui ont engendré une vulnérabilité accrue;
  • d’examiner les pratiques et politiques de la police en ce qui a trait aux enquêtes relatives aux femmes disparues, ainsi qu’à la communication entre les diverses juridictions et les familles, et au sein même des services;
  • d’examiner et de s’inspirer des nombreuses recommandations – malheureusement souvent restées sans suite – formulées précédemment dans le cadre de commissions, enquêtes et groupes de travail (entre autres la Commission royale sur les peuples autochtones, l’Enquête sur la justice au Manitoba, les Sommets nationaux des femmes autochtones, etc.), en mettant l’accent sur l’identification des obstacles à leur mise en œuvre et l’élaboration de stratégies pour surmonter lesdits obstacles;
  • de passer en revue les soutiens, les expériences et les stratégies dans les centres urbains;
  • d’accorder une attention particulière au Nord et aux perspectives et expériences uniques des communautés nordiques des Premières Nations et des Inuits;
  • d’étudier des pratiques novatrices et des possibilités de soutien communautaire en vue de prévenir la violence et parvenir à la réconciliation.

Plus tôt ce mois-ci, des représentantes du Conseil national des femmes de l’APN ont participé au 3e Aboriginal Women’s Summit (Sommet national des femmes autochtones) à Winnipeg (Manitoba), alors que je participais moi-même à l’activité Sounding Our Voices (Faisons entendre nos voix), organisée par l’Assemblée des Chefs du Manitoba (Assembly of Manitoba Chiefs). Ces deux activités illustrent avec force le besoin de mesures urgentes et coordonnées – et appuyées par tous les paliers de gouvernement – afin de mettre fin à la violence à laquelle sont confrontés de trop nombreux citoyens autochtones.

L’APN ne cesse de réclamer la justice pour les familles et les citoyens des Premières Nations qui ont été victimes de violence, ainsi qu’un soutien adéquat et approprié, combiné à des mesures préventives, pour mieux garantir la sécurité dans les communautés. Mettre fin à la violence et garantir la sûreté et la sécurité des femmes et jeunes filles autochtones est une priorité essentielle pour les Premières Nations, et nous continuons d’insister pour que les gouvernements et l’ensemble de la population canadienne se déclarent en faveur de la tenue d’une Commission nationale publique d’enquête qui respecterait les droits, les lois et les traditions cérémoniales des Premières Nations. Tous les efforts pour garantir la justice et mettre fin à la violence doivent être prospectifs et respecter les femmes, les dirigeants et les familles autochtones, tout en favorisant les plans communautaires en matière de mieux-être et les systèmes judiciaires, en mettant notamment l’accent sur les causes sous-jacentes de la violence et une prévention accrue.

Assemblée extraordinaire des Chefs sur l’éducation de l’APN – Compte rendu

Tel que convenu lors de l’Assemblée générale annuelle 2012 de l’APN, nous avons tenu une Assemblée extraordinaire des Chefs sur l’éducation du 1er au 3 octobre à Gatineau (Québec). Les dirigeants et techniciens des Premières Nations présents ont discuté de la voie à suivre pour garantir des systèmes éducatifs sûrs et stables qui reflètent et respectent les droits, les traités, les langues et les cultures des Premières Nations. Les délégués ont confirmé une orientation ayant comme objectif de garantir des résultats tangibles pour les étudiants des Premières Nations, notamment grâce à des écoles et une instruction de qualité fondées sur les enseignements, les langues et les cultures des Premières Nations, et soutenues par un financement adéquat et stable.  

Rejetant l’imposition unilatérale d’une loi, les Premières Nations continueront de promouvoir des plans pour mettre en œuvre le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations, par la voie de négociations concrètes et efficaces, de nation à nation, d’ententes de compétence garantissant des ressources adéquates, durables et prévisibles.

Notre tâche à l’échelle nationale est de favoriser des solutions prônées par les Premières Nations et je vais continuer de soutenir toutes les nations qui affirment leur titre autochtone et leurs droits, en insistant pour que les traités soient pleinement mis en œuvre et que des engagements soient pris en matière de développement, conformément à la norme fondamentale de consentement préalable, libre et éclairé. Ancrés dans les responsabilités, les traités et les droits des Premières Nations, la planification de l’éducation et les systèmes éducatifs des Premières Nations seront déterminés à l’échelle locale, placés sous l’égide des régions et soutenus à l’échelle nationale. Les nations et les régions seront appelées à élaborer de nouvelles approches novatrices en fonction de leurs priorités, de leurs besoins et de leur cadre de compétence. L’APN fera en sorte de faciliter et de coordonner une stratégie nationale qui s’inspirera de ces efforts.

Nous avons toujours la possibilité d’apporter un véritable changement pour nos enfants, en unissant nos efforts dans le respect et la reconnaissance. Les enjeux sont importants. Nous devons nous unir pour nous assurer de ne pas perdre une autre génération en permettant la répétition d’approches unilatérales qui ne tiennent pas leurs promesses ou d’ententes semblables à celles conclues par nos ancêtres. En étant guidés par de tels objectifs, nous parviendrons à assurer une éducation équitable à nos citoyens. Nous le devons, car il s’agit de la fondation de notre avenir.

Relations parlementaires et compte rendu législatif

L’APN continue de publier chaque semaine un résumé des textes législatifs qui concernent les Premières Nations. Nous participons activement à ces travaux, tel que selon le mandat nous étant conféré par les Chefs, en nous présentant régulièrement devant des comités pour faire part de nos points de vue sur de nouveaux textes législatifs ou sur changements apportés à des textes existants dans des domaines cruciaux. Nous continuerons de manifester notre ferme opposition aux approches unilatérales du gouvernement qui ne respectent pas nos droits ou les ententes que nous avons conclues, ou qui ne tiennent pas suffisamment compte des besoins des Premières Nations. On peut consulter le résumé parlementaire hebdomadaire à l’adresse http://www.afn.ca/index.php/en/policy-areas/parliamentary-relations.

Trente ans plus tard : l’article 35 est plus que jamais la voie à suivre

Au cours des dernier mois, des discussions et des conférences ont eu lieu partout au pays pour marquer le 30e anniversaire de l’article 35 de la Loi constitutionnelle. Plus tôt ce mois-ci, j’ai été invité à participer à un symposium organisé par l’Institut de la gouvernance. Ce fut une occasion de rendre compte du travail accompli par les Premières Nations dans tout le pays – sur le plan de l’affirmation de nos droits en matière de gouvernance, tels que selon les principes de l’article 35 et ceux plus récemment formulés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et lors du Rassemblement entre la Couronne et les Premières Nations.

Dans mon discours intitulé « Trente ans plus tard : l’article 35 est plus que jamais la voie à suivre (Thirty Years Later: Section 35 Still Necessary Path Forward), affiché sur www.afn.ca, j’ai rendu compte du travail accompli par les Premières Nations d’un océan à l’autre et rappelé le besoin d’approches qui concrétisent l’article 35 ainsi que les droits et les traités des Premières Nations. Revenir à la base de l’article 35 est la voie à suivre, pour nous soustraire aux approches unilatérales du gouvernement. Nous ne pouvons plus accepter le rafistolage du gouvernement en ce qui concerne les textes législatifs qui ont une incidence si importante sur de nombreux aspects de notre vie. Nous devons admettre maintenant que la compréhension des ententes historiques et plus récentes, et les attentes qu’elles suscitent, ne sont pas partagées. Pour éviter que ne perdure un système voué à l’échec, nous devons travailler ensemble pour relever les défis auxquels les Premières Nations sont confrontées et aller de l’avant en ce qui concerne des priorités qui sont fonction de nos besoins et de nos droits.

La tâche de reconnaître et de mettre en œuvre les droits et les gouvernements des Premières Nations nécessite une approche élargie sur plusieurs fronts. Nous pouvons débuter par un examen complet ou une vérification des politiques et processus existants du gouvernement fédéral en vue d’évaluer leur conformité par rapport à l’article 35, et envisager une médiation ou un code de conduite pour guider Ottawa sur le plan de ses obligations vis-à-vis de nos concitoyens. Nous devons aussi accélérer le règlement des revendications globales en transformant en profondeur le processus de reconnaissance sans réserve de nos droits, ce qui aurait pour effet d’accroître les possibilités de nos citoyens de dynamiser nos économies et d’obtenir leur juste part de la richesse des ressources extraites de nos terres.

Afin de réaliser la vision de nos ancêtres, il nous incombe de trouver la voie à suivre pour travailler ensemble et assurer des jours meilleurs à nos citoyens. Tous les efforts que nous déployons reposent sur nos droits protégés par la Constitution et doivent constituer le chemin que nous devons emprunter pour garantir la santé et la prospérité des communautés dans lesquelles vivent, apprennent et s’épanouissent nos concitoyens. Ce sera également le thème de la prochaine Assemblée extraordinaire des Chefs.

La promesse non tenue de l’article 35 : Assemblée extraordinaire des Chefs, du 4 au 6 décembre 2012 – Gatineau (Québec)

Le point culminant d’une saison automnale très occupée sera l’Assemblée extraordinaire des Chefs (AEC) de l’APN, qui se tiendra à Gatineau (Québec) du 4 au 6 décembre 2012. Le thème de l’Assemblée sera « La promesse non tenue de l’article 35 » et les discussions mettront l’accent sur le moyen d’axer nos efforts sur la pleine mise en œuvre des droits des Premières Nations, sur l’exercice de notre souveraineté et sur l’obtention de notre juste part des revenus tirés des ressources. Des séances de stratégie et de planification permettront d’aborder les principaux domaines prioritaires tels que l’éducation, l’eau, les partenariats économiques, l’environnement, les pêches et les espèces en péril, l’assistance sociale, la santé mentale, la justice et la sécurité communautaire, le logement et les droits fonciers, ainsi que les revendications.

Nous nous réjouissons de proposer un programme très complet, notamment une discussion d’experts suivie le 3 décembre d’une marche pour la justice découlant d’une initiative populaire, une réception parlementaire le 4 décembre, d’autres importantes activités parallèles, et bien sûr notre rassemblement de clôture, c.-à-d. notre fête annuelle de l’hiver le 6 décembre. Pour plus de renseignements ou pour vous inscrire à l’Assemblée extraordinaire des Chefs de l’APN, veuillez consulter notre site Web à l’adresse suivante : http://www.afn.ca/index.php/fr/assemblee-extraordinaire-des-chefs-2012.
 
En vue de favoriser des délibérations efficaces et éclairées sur les résolutions, les projets de résolution doivent être soumis à l’avance. La date limite est le vendredi 16 novembre 2012.

Je vous donne rendez-vous le mois prochain, voire plus tôt.

Kleco, kleco.

Assemblée des Premières Nations