Notre histoire
Assemblée des Premières Nations – Histoire
La plupart des Canadiens ne connaissent pas l’histoire de l’Assemblée des Premières Nations (APN). C’est l’histoire vécue chaque jour par les peuples des Premières Nations au Canada, c’est-à-dire une lutte pour l’autodétermination et le respect de la personne. C’est une histoire qui mérite d’être racontée.
Une grande partie de la population canadienne n’est pas consciente des énormes problèmes que les Premières Nations ont dû surmonter afin d’obtenir une reconnaissance politique au pays.
Peu de Canadiens savent que, dans la Constitution, les Premières Nations sont considérées comme une des nations fondatrices du Canada au même titre que les Anglais et les Français. Cependant, avant les conférences des premiers ministres sur les droits des Autochtones (1983-1987), les Premières Nations n’étaient pas autorisées à prendre part à l’évolution constitutionnelle du Canada. Les Premières Nations ont été confrontées à des conditions de pauvreté et d’isolement extrêmes ainsi qu’à une vaste dispersion géographique au sein de l’immense diversité des cultures, langues et idéologies politiques autochtones. L’amélioration des moyens de communication et de transport a permis aux Premières Nations de commencer à communiquer entre elles, avec le reste du Canada et avec le monde entier. Ces progrès relativement récents indiquent qu’elles ont dû travailler plus et plus vite afin de combler leur retard par rapport aux gouvernements fédéral et provinciaux en matière de connaissances en politique, de politique actuelle et surtout d’expérience politique. Pendant ces années d’exclusion du processus politique officiel canadien, les Premières Nations ont accumulé un immense retard, qu’elles ont dû ensuite rattraper afin d’atteindre un niveau comparable à celui d’autres groupes de la société canadienne dans les domaines politique, social et juridique.
Malheureusement, la plupart des Canadiens ne connaissent pas les nombreuses questions qui ont obligé les Premières Nations à revendiquer leur place légitime au sein de la société canadienne. (Nombre d’entre eux ne sont pas conscients des humiliations dont ont été victimes les Autochtones au Canada au cours des dernières années, telles que la discrimination, l’exploitation, la violation des droits élémentaires de la personne.) De plus, toutes ces infractions ont été, et sont encore, grossièrement oubliées et/ou dissimulées dans les livres courants d’histoire du Canada.
Le passé ne peut pas être changé, mais les injustices d’hier peuvent être réparées par les actuels dirigeants politiques. L’Assemblée des Premières Nations a pour mission d’inciter ces derniers à réparer ces anciennes injustices et d’améliorer la place légitime des Premières Nations dans l’histoire du Canada. Bien qu’elle n’existe que depuis peu d’années, l’APN a accompli des progrès importants dans l’arène politique, comme en témoignent les conférences des premiers ministres et les exercices constitutionnels.
Au Canada, la mise en place de représentants autochtones n’a jamais été une tâche facile. Par exemple, la Loi des Indiens de 1927 interdisait aux Premières Nations de former des organisations politiques.
Ainsi, les dirigeants des Premières Nations étaient couramment mis en prison par la GRC, car ils étaient soupçonnés de vouloir former un groupe politique. Cette loi d’apartheid interdisait la mise sur pied de systèmes administratifs traditionnels des Premières Nations dans les communautés autochtones; à la place, elle a établi le système actuel de « conseil de bande ».
En plus de proscrire toute activité politique au sein des Premières Nations, la Loi des Indiens de 1927 interdisait les Autochtones de parler leur langue maternelle ou de pratiquer leur religion traditionnelle. Les enfants autochtones inscrits dans les pensionnats indiens étaient souvent sévèrement punis lorsqu’ils prononçaient un seul mot dans leur langue maternelle.
Le potlatch, une cérémonie rituelle commune à la plupart des religions des Premières Nations, a été déclarée illégale (ce n’est que récemment que le gouvernement fédéral a levé cette interdiction). Les fonctionnaires, le clergé et les enseignants étaient convaincus que toutes les cultures et traditions autochtones constituaient une forme de régression culturelle et un affront à leurs civilisations anglaises et françaises censées être supérieures. Face à tout ce mépris, les Premières Nations au Canada ont décidé qu’il était urgent et nécessaire de former un groupe de pression national autochtone ayant pour mission de revendiquer leurs droits à Ottawa.
Formée peu de temps après la Première Guerre mondiale, la Ligue des nations a été la première entité nationale des Premières Nations. Elle a été remplacée par la Ligue des Indiens au Canada, qui, à l’instar de la Ligue des nations, a manqué d’appui et a dû souvent lutter contre certaines mesures du gouvernement canadien, qui étaient répressives et préjudiciables aux buts et initiatives initiales de l’organisme. La Ligue des Indiens au Canada a très vite disparu de la scène nationale.
Après la Seconde Guerre mondiale, les Premières Nations ont de nouveau essayé de former un groupe de pression. Fondé dans les années 40, le North American Indian Brotherhood (N.A.I.B.) a, comme ses prédécesseurs, manqué d’appui au pays et subi les actions répressives du gouvernement, en particulier en Saskatchewan où l’administration de la Cooperative Commonwealth Federation luttait activement contre toute initiative des Premières Nations. De plus, des problèmes administratifs internes ont provoqué la division du N.A.I.B. en factions régionales, une division qui a entraîné la dissolution de l’organisme au début des années 50.
Au cours de la décennie suivante, les Premières Nations ont restructuré leurs efforts en vue de former un nouveau groupe de pression national. Fondé en 1961, le Conseil national des Indiens représentait trois des quatre principaux groupes autochtones au Canada (les Inuits étant exclus) : les Indiens assujettis à un traité et les Indiens inscrits; les Indiens non-inscrits; les Métis. À partir de cette année là, les Premières Nations au Canada ont toujours maintenu un groupe de pression national pour les représenter à Ottawa. L’objectif déclaré du Conseil national des Indiens était de promouvoir l’« unité parmi tous les Indiens ».
Cependant, le Conseil national des Indiens a eu de la difficulté à regrouper les intérêts des différentes Premières Nations sous un seul thème de revendication national.
De plus, au fur et à mesure que les demandes des différentes Premières Nations devenaient de plus en plus précises, elles avaient de moins en moins de points en commun. En 1968, ce désaccord général a obligé le Conseil national des Indiens à se diviser en trois groupes autochtones par le biais d’une entente. Les Indiens assujettis à un traité et les Indiens inscrits ont formé la Fraternité nationale des Indiens et le groupe des Indiens non-inscrits et celui des Métis se sont unis pour constituer le Conseil national des autochtones du Canada.
Ainsi, la Fraternité nationale des Indiens (FNI) a été fondée à l’issue d’une controverse. Peu après la fondation de la FNI, le gouvernement fédéral d’allégeance libérale a dévoilé le Livre blanc de 1969, qui préconisait l’intégration de toutes les Premières Nations dans l’ensemble de la société canadienne ainsi que le retrait de celles-ci de la Constitution du Canada. La FNI s’est alors rapidement organisée afin de s’opposer à l’initiative du gouvernement libéral. Grâce à l’unité régnant parmi ses membres provinciaux et territoriaux, la FNI a réussi à convaincre le Parlement et le public canadien d’abandonner le Livre blanc. Pendant les treize années suivantes, la structure de la FNI est demeurée relativement inchangée : les organisations provinciales et territoriales en formaient les principaux piliers.
De 1969 à aujourd’hui, la Fraternité nationale des Indiens est devenue un groupe de pression très puissant et très articulé voué à la défense des droits des Autochtones au Canada. Elle doit cette notoriété au leadership de certaines personnes, telles que George Manuel, Walter Dieter, Noel Starblanket, Delbert Riley, David Ahenakew, Georges Erasmus, Ovide Mercredi, Phil Fontaine, Matthew Coon Come et le Chef national Phil Fontaine (élu de nouveau en 2003).
Au fil des ans, la FNI est devenue un observateur attentif et un moyen pour les Premières Nations de faire pression sur les gouvernements afin d’obtenir des modifications dans les politiques fédérales et provinciales sur les Autochtones. La solide recherche et l’utilisation prudente d’appuis politiques ont permis d’apporter de nombreux changements à ces politiques, dont la plus mémorable est l’échec de l’Entente constitutionnelle du lac Meech.
En 1972, la déclaration de principe de la Fraternité nationale des Indiens, La maîtrise indienne de l'éducation indienne, a constitué une percée dans l’évolution de la philosophie des Premières Nations consistant à acquérir l’autonomie gouvernementale, car elle a permis d’obtenir l’appui du ministre des Affaires indiennes et du Nord, M. Jean Chrétien. Cette déclaration de principe était un moyen ingénieux de promouvoir l’idée d’un gouvernement indien à l’échelle nationale tout en sensibilisant les communautés indiennes à la Maîtrise indienne de l'éducation indienne. En abordant des questions importantes, telles que le logement, les soins de santé et le développement économique, la FNI est très vite apparue comme une puissante représentante du statut des Autochtones au Canada.
Malgré le succès de la FNI, les problèmes sont demeurés présents. Réunir les différents groupes des Premières Nations de l’ensemble du Canada en un seul groupe de pression cohésif constituait une fois de plus la principale difficulté de l’organisation. La FNI a été de plus en plus critiquée pour son incapacité à représenter véritablement tous les Indiens inscrits membres des Premières Nations au pays. En 1979, la question est progressivement devenue un sujet de premier plan. Elle a conduit à l’arrivée de trois cents (300) Indiens et Chefs inscrits membres des Premières Nations à Londres, en Angleterre, qui étaient décidés à empêcher le rapatriement de la Constitution canadienne. La bataille concernant le rapatriement de la Constitution, en Angleterre et au Canada, a très vite éclaboussé la structure interne de la FNI. En continuel changement, la structure de base de la FNI devait être réorganisée en profondeur.
Alors que les membres des Premières Nations au Canada commençaient à s’habituer à l’existence de la FNI et à son rôle de représentante du statut du peuple autochtone, les Chefs ont entamé des discussions concernant une restructuration importante du secrétariat. Ils souhaitaient mettre sur pied un organisme vraiment représentatif et responsable des communautés membres. Ainsi, la FNI est entrée dans une période de transition, qui a précédé la fondation de l’Assemblée des Premières Nations, en 1982.
Pendant cette période, la FNI a entrepris une révision en profondeur de sa structure de base, une révision qui a abouti à l’adoption d’un nouveau nom, l’« Assemblée des Premières Nations » (APN). Étant à l’origine l’« organisation des représentants des régions », l’APN est devenue ensuite l’« organisation des dirigeants des gouvernements des Premières Nations ».
La FNI/APN est devenue le secrétariat, ou l’organe administratif, de la nouvelle Assemblée des Premières Nations. Grâce au changement de structure, les dirigeants des gouvernements des Premières Nations pouvaient élaborer et gérer directement les politiques de l’Assemblée des Premières Nations. Ainsi, le secrétariat, FNI/APN, est devenu directement responsable des Chefs en assemblée des Premières Nations, qui étaient chargés de veiller sur leurs communautés. La FNI/APN était devenue une entité vraiment représentative des Indiens inscrits et des Indiens assujettis à un traité membres des Premières Nations au Canada et de la même façon un partisan du consensus.
En 1982, à l’Assemblée générale annuelle de Penticton, en Colombie-Britannique, David Ahenakew a été élu premier Chef national de l’Assemblée des Premières Nations. Il a participé, en compagnie des dirigeants des autres trois groupes autochtones au Canada, aux trois premières conférences des premiers ministres sur les droits des Autochtones, à Ottawa, en 1983, 1984 et 1985. Ces conférences (la quatrième ayant eu lieu en 1987) ont constitué une avancée historique, car c’était la première fois que des dirigeants autochtones participaient à des discussions constitutionnelles qui les concernaient directement.
Les quatre conférences des premiers ministres (entre 1983 et 1987) ont été une série de réunions garanties par la Constitution auxquelles ont participé le premier ministre, les premiers ministres et les dirigeants des quatre groupes autochtones. Elles visaient à déterminer, à définir et à examiner les droits ancestraux et ceux issus de traités. Le but initial de ces conférences était de calmer les craintes des gouvernements fédéral et provinciaux concernant la signification de l’article 35(1) de la Constitution canadienne, qui reconnaît et affirme l’existence des droits ancestraux et des droits issus de traités du peuple autochtone au Canada.
La première conférence a été marquée par le manque de solidarité entre les quatre groupes autochtones pendant la présentation de leurs préoccupations relativement à diverses questions, telles que les revendications territoriales, les droits aux ressources naturelles, les droits à l’autodétermination et les droits à l’éducation. L’autre point marquant de cette conférence a été la position de certains gouvernements provinciaux, en particulier la Saskatchewan, la Colombie-Britannique et Terre-neuve, qui ont clairement indiqué qu’ils n’étaient pas prêts à accepter le concept de droits ancestraux « inhérents » et qu’ils souhaitaient seulement discuter de droits ancestraux « conditionnels ». Pour l’APN et les autres groupes autochtones, la position des gouvernements provinciaux était inacceptable. La conférence s’est terminée sans avoir recueilli un consensus sur les droits ancestraux.
La conférence a toutefois permis d’apporter un amendement très important à la Constitution. L’article 35(3) exprime une plus grande certitude quant à l’attribution d’une protection constitutionnelle aux droits issus d’ententes de revendications territoriales qui est comparable à celle accordée aux droits issus de traités. De plus, en 1983, les premiers ministres ont convenu de tenir trois autres conférences pour discuter de questions constitutionnelles qui concernaient directement les Autochtones au Canada.
Au cours des deux années suivantes (1984 et 1985), l’Assemblée des Premières Nations a été représentée par le Chef national David Ahenakew. Le programme des conférences a été raccourci par les gouvernements qui souhaitaient discuter uniquement de l’autonomie gouvernementale. La discussion sur ce sujet a inévitablement conduit à une impasse entre les groupes autochtones et les provinces, principalement la Saskatchewan, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve. Une fois de plus, l’impasse n’a pas permis d’aboutir à un consensus constitutionnel définissant l’autonomie gouvernementale des Autochtones.
En 1985, lors de la sixième Assemblée générale annuelle, Georges Erasmus a succédé au Chef national David Ahenakew. À l’image de son prédécesseur, le nouveau Chef national de l’APN a promis de poursuivre la lutte en faveur des droits ancestraux, y compris celle pour l’autonomie gouvernementale.
Au cours de la quatrième et dernière conférence des premiers ministres (1987), les gouvernements fédéral et provinciaux ont, à l’unanimité, refusé de reconnaître que le peuple autochtone possédait déjà, par son histoire, un droit inhérent à l’autonomie gouvernementale. Cette décision a finalement déteint sur toutes les discussions et a constitué le principal obstacle à tout consensus.
Toutefois, l’Assemblée des Premières Nations n’avait pas échoué dans sa tentative, car sa réputation et celle de Georges Erasmus n’avaient jamais été aussi prestigieuses. Une étape importante avait été franchie, car ces conférences ont sensibilisé davantage le public aux questions autochtones, entre autres à l’éducation publique, et permis d’obtenir l’appui du public et de nombreuses personnes connues au pays et à l’étranger. À la table des négociations, l’APN a obtenu le soutien de certaines provinces (Ontario, Manitoba, Nouveau-Brunswick), un soutien qui s’est malgré tout avéré insuffisant pour conduire les parties à apporter des amendements en faveur du peuple autochtone.
L’APN a néanmoins présenté des arguments clairs et raisonnables et bénéficié de la coopération des trois autres groupes autochtones. Ces arguments et cette coopération ont aidé l’APN à préserver, contre l’énorme pression de plusieurs provinces et du gouvernement fédéral, l’importance des droits ancestraux et de ceux issus de traités qui, quoique non définis, demeurent très enracinés. Ces conférences ont été en elles-mêmes, une grande réussite, car elles ont permis de montrer aux gouvernements et à la population du Canada que les Premières Nations étaient déterminées à obtenir un amendement constitutionnel explicite visant à établir fermement et définitivement leurs droits et leur place au sein de la société canadienne.
Depuis cette période, l’APN a participé à plusieurs initiatives dans lesquelles l’avis des Autochtones revêtait un très grande importance : l’Entente constitutionnelle du lac Meech (1987), l’Accord de Charlottetown (1992), l’Accord de libre échange nord-américain et d’autres projets législatifs (p. ex. le projet de loi C-31). De plus, actuellement, différentes divisions et organismes régionaux de l’APN mènent des études à long terme et accomplissent des efforts de lobbying soutenus.
En dehors de ses relations avec les trois autres organisations autochtones, l’APN travaille en étroite collaboration avec d’autres groupes de pression importants. Ces nombreux groupes ont aidé l’APN à affermir sa réputation sur la scène nationale et internationale concernant certaines questions, dont la culture, l’histoire et l’éducation des Autochtones, les pluies acides, la pollution de l’air et de l’eau et la protection des espèces animales en voie de disparition. L’APN a proposé aux Nations Unies de l’aider à trouver des moyens de promouvoir l’esprit et l’utilité des traités, à l’exemple du Canada, entre d’autres peuples autochtones et les gouvernements colonisateurs.
Les peuples des Premières Nations de cette terre ont gouverné pendant des siècles. Leurs coutumes, langues et modes de vie particuliers étaient intimement liés aux terres sur lesquelles ils vivaient. Ce n’est pas une histoire inventée ou une légende, mais plutôt un fait historique. L’APN fait son possible pour faire connaître et préserver l’authenticité de l’histoire de l’Amérique du Nord. Sa mission principale est d’aider les peuples autochtones à être traités avec plus de justice au Canada. La lutte pour obtenir la reconnaissance des droits anciens des Premières Nations ne vise pas simplement les ressources naturelles et l’autodétermination, c’est la lutte des Premières Nations pour le respect de leurs droits et de leur dignité et pour la survie de leurs cultures. C’est aussi la lutte des Premières Nations pour la reconnaissance de l’authenticité de leur histoire, qui est tellement exceptionnelle et flagrante que toute remise en question devient absurde et irraisonnable.
Bien que l’APN soit une organisation relativement jeune, elle a accompli d’énormes progrès au bénéfice d’une population constituée de personnes uniques au Canada et dans le monde.
Les efforts de personnes dévouées, telles que les différents Chefs nationaux, les Chefs en assemblée et le personnel du Secrétariat, ont permis à l’APN de devenir une organisation très structurée et capable de représenter les gouvernements des Premières Nations. De ses débuts hésitants à aujourd’hui, l’Assemblée des Premières Nations a acquis sa légitimité en fondant ses activités sur le besoin des peuples des Premières Nations de relever les défis du moment, passés et actuels qui menacent leur identité et leurs droits en tant que premiers habitants du continent nord-américain. Les défis sont encore présents et il reste encore à l’APN de nombreuses batailles à livrer. Cependant, compte tenu de la reconnaissance progressive des droits des Premières Nations parmi la population canadienne et des capacités croissantes de l’APN de relever de nouveaux défis, il est possible que l’avenir des Premières Nations au Canada commence bientôt à s’éclaircir.
Il y a quelques années (août 1992), l’APN, les gouvernements fédéral et provinciaux et des dirigeants territoriaux et d’autres Premières Nations ont approuvé en principe un ensemble de réformes constitutionnelles appelé l’« Accord de Charlottetown ». Cette entente, sous réserve de la version finale du texte juridique, constituait un élément historique de réconciliation avec le Canada. L’Accord reconnaissait le droit à l’autonomie gouvernementale des Premières Nations au sein du Canada. Cependant, cet accord n’a pas été signé au cours du référendum du 28 octobre 1992.
Faire des Premières Nations des nations fortes et obtenir le droit de s’autogouverner représente un travail important. Beaucoup reste à faire, tant au niveau local qu’au sein de l’Assemblée. De plus, l’APN a besoin de l’appui de chaque Première Nation pour demeurer une organisation nationale capable de parler d’une seule voix forte au nom de toutes les Premières Nations au Canada.
L’Assemblée des Premières Nations est convaincue qu’un tel appui est constructif et qu’il conduira à l’autodétermination tant souhaitée par chaque Première Nation au Canada.



