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Communiqué du Chef national Shawn Atleo – Bulletin spécial sur l’éducation des Premières Nations

on Février 4, 2014

Février 2014

Bulletin spécial sur l’éducation des Premières Nations

Mobilisation pour le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations

Tel que mentionné dans le bulletin du mois dernier, le gouvernement du Canada présentera le budget fédéral le 11 février 2014. Avant chaque dépôt de budget, l’APN met l’accent sur des priorités particulières mises de l’avant par les Premières Nations au moyen de résolutions et par le Comité exécutif national dans le cadre du processus prébudgétaire. Cette année, des efforts supplémentaires ont été déployés pour poursuivre nos activités de sensibilisation en vue d’une mobilisation pour l’éducation des Premières Nations, au moyen de lettres envoyées directement au ministre des Finances et au Comité des finances de la Chambre des communes. 

L’équité pour les enfants des Premières Nations a constitué l’une de nos priorités communes depuis le milieu des années 1970 alors que nous avons milité pour le « contrôle indien de l’éducation indienne ». En 2009, lors de ma première Assemblée à titre de Chef national, nous avons réaffirmé notre soutien envers nos jeunes citoyens et nos étudiants et avons fait de l’éducation une priorité absolue. En juin 2010, toutes et tous ensemble nous avons lancé l’« Appel à la mobilisation pour l’éducation des Premières Nations » à partir de l’école secondaire N’bsiing de la Première Nation de Nipissing. Cet appel à la mobilisation faisait suite à l’élaboration à l’échelle nationale de notre plan stratégique et de notre résolution et réclamait du soutien et des partenariats pour recréer des environnements propices à l’apprentissage au sein de nos communautés, pour tenir compte du besoin crucial de participation, d’engagement et de contrôle de la part des communautés des Premières Nations. Il énonçait des principes clairs quant à la nécessité que le Canada respecte nos droits et nos responsabilités, établisse une garantie obligatoire de financement pour nos jeunes citoyens, et soutienne le développement de systèmes et de cursus axés sur la langue et la culture. 

Dans le cadre de nos efforts de sensibilisation, nous avons organisé un rassemblement de grande ampleur en septembre 2010, alors que nous nous sommes joints à des étudiants de Kitigan-Zibi Anishinabeg pour les accompagner dans leur marche vers la Colline du Parlement et rendre hommage au formidable leadership de notre jeunesse, à l’image de la regrettée Shannen Koostachin. Des douzaines d’organisations de partout au pays ont soutenu notre « appel à la mobilisation », notamment des universités et des collèges, des fédérations d’étudiants et d’enseignants, des chambres de commerce, des entreprises, des syndicats, la société civile et même des gouvernements provinciaux et territoriaux.

Nous avons vécu plusieurs étapes importantes, telles que les rapports successifs du Bureau du vérificateur général, des rapports du Sénat et d’importantes motions soutenues à l’unanimité au Parlement, à l’instar de la motion de 2013 en soutien au « rêve de Shannen » et à un financement juste et équitable pour les étudiants des Premières Nations.

Je pense aussi au rapport d’étape de la Commission de vérité et de réconciliation citant les paroles de survivants qui décrivaient leur propre cheminement vers la guérison et exprimaient clairement l’espoir d’un changement afin que les enfants des Premières Nations profitent des possibilités dont eux-mêmes ont été privés en matière d’éducation : s’épanouir dans leur langue et leur culture et bénéficier du soutien de leur famille et de leur communauté.

Bien que nos nations soient diverses, nous sommes tous d’accord pour affirmer que le statu quo est inacceptable. Nous sommes d’accord pour reconnaître la nécessité d’une réforme fondamentale fondée sur notre vision et sur notre cadre pour le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations. Et nous sommes tous d’accord pour affirmer que cette génération d’enfants ne doit pas attendre. 

Nous avons témoins d’une attention et d’une mobilisation accrues de nos citoyens dans tout le pays. Les Premières Nations ont rejeté sans ambiguïté l’approche actuelle du gouvernement fédéral en matière d’éducation des Premières Nations et ont réclamé un soutien concret en faveur du contrôle par les Premières Nations, appuyé par un financement équitable et durable. Dans ma lettre ouverte du 25 novembre 2013 au ministre fédéral, dont une copie a été envoyée à toutes les Premières Nations, j’ai réitéré notre ferme opposition à toute initiative ou tout effort ayant pour objectif l’instauration d’un contrôle unilatéral. En rappelant les excuses du gouvernement aux survivants des pensionnats indiens et son engagement envers la réconciliation, nous avons énoncé des conditions précises fondées sur les résolutions et le mandat de concrétiser le changement espéré et réclamé par les Premières Nations.

Lors de notre Assemblée extraordinaire des Chefs de décembre 2013, des dialogues et des débats approfondis pendant plusieurs jours ont donné lieu à un consensus national selon lequel les Premières Nations accorderont la priorité aux enfants et veilleront à ce qu’ils bénéficient des systèmes et du soutien dont ils ont besoin. Nous réclamerons l’équité et nous disposons d’un plan d’action précis, notre cadre de politique pour le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations. La résolution n 21/2013 a confirmé notre rejet de la proposition du gouvernement fédéral d’octobre 2013 et établi clairement une voie à suivre fondée sur le respect de la compétence, des traités et des droits des Premières Nations, une garantie obligatoire de financement, des ressources pour les langues et les cultures, l’obligation réciproque de rendre compte et un dialogue constructif permanent.

Le 13 décembre 2013, le ministre Valcourt a fait parvenir une lettre ouverte à toutes les Premières Nations, reconnaissant qu’un changement se faisait attendre depuis longtemps et qu’il devait être apporté dans le cadre d’un effort concerté. Il s’est exprimé en ces termes : « Le gouvernement convient que les Premières Nations doivent avoir le contrôle sur leur éducation. » Compte tenu de cet énoncé, le Chef régional Morley Googoo, président de notre Comité des Chefs sur l’éducation, de concert avec le proposeur et le coproposeur de la résolution n21/2013, le Grand Chef Doug Kelly et le Chef Joe Miskokomon, a demandé au ministre des précisions quant aux moyens de mettre en œuvre ladite résolution et de définir une voie à suivre précise dans le cadre d’un partenariat empreint de respect mutuel. 

Une réunion a eu lieu le 27 janvier et a donné  lieu à un compte rendu remis le jour même au Comité exécutif national de l’APN. Aujourd’hui, le 4 février, s’est tenue une réunion du Comité des Chefs sur l’éducation en vue de faire progresser la mise en œuvre de notre résolution et de faire en sorte de parvenir à une réforme conforme au contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations.

Permettez-moi d’être clair : parvenir à un tel changement nécessite des investissements, ainsi que la reconnaissance de nos droits. Chaque Première Nation, ainsi que chaque zone ou région visée par un traité, doit pouvoir faire part de son choix et de l’approche préconisée pour favoriser et négocier un système d’éducation reflétant ses droits, sa langue et sa culture. Il n’y a pas de modèle universel. Le respect et le reflet de la diversité est essentiel. 

Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux d’entre vous qui ont contribué, participé et soutenu cette tâche importante. Nombre de citoyens, leaders et experts y ont pris part et consacré de leur temps. Nombreux aussi sont celles et ceux qui ont apporté leur concours et rappelé le chemin parcouru, souligné nos accomplissements et guidé nos pas sur la voie à suivre. Les opinions recueillies auprès de personnes telles que Leroy Littlebear, Lorna Williams, Elinor Bernard, Diane Longboat et Verna Kirkness ont été prises en compte dans le cadre de travail qui a fait l’objet de discussions au sein du Comité des Chefs sur l’éducation, et qui servira de base au dialogue à venir quant à la façon dont vous et votre Première Nation voulez progresser sur la voie du changement en matière d’éducation.

En terminant, je souhaite rappeler à quel point j’apprécie toutes les voix qui se font entendre et tous les efforts qui sont déployés chaque jour dans nos communautés. Depuis que j’occupe le poste de Chef national, j’ai eu l’occasion de visiter presqu’une centaine d’écoles dans toutes les régions et de dialoguer avec nos éducateurs et nos étudiants, ce qui m’a profondément résolu à persévérer, peu importe les difficultés. Notre travail en tant que dirigeants est renforcé par la clarté de vos orientations. 

Le statu quo a été rejeté. Une approche unilatérale du gouvernement a été rejetée. Maintenant, les Premières Nations tracent la voie à suivre, et ce conformément aux normes de la DNUDPA qui prévoient un processus de respect mutuel et de partenariat entre les États et les peuples autochtones et, tel qu’énoncé aux articles 14 et 15, confirment le principe du contrôle des Premières Nations et un accès sans réserve et équitable à des possibilités d’éducation concrètes pour nos enfants.

Nous allons saisir toutes les occasions de nous unir pour l’équité en faveur de nos enfants. Nous allons continuer de trouver les moyens de travailler ensemble. Dans tous les secteurs et dans toutes les régions du Canada, la nécessité d’investir dès maintenant pour nos enfants fait de plus en plus l’unanimité. Les Premières Nations disposent d’un plan précis et, ensemble, nous allons provoquer le changement pour nos enfants.

Kleco, Kleco!

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rdbrinkhurstCommuniqué du Chef national Shawn Atleo – Bulletin spécial sur l’éducation des Premières Nations

Communiqué du Chef national Shawn Atleo – Janvier 2014

on Janvier 23, 2014

L’APN diffuse régulièrement des comptes rendus sur les travaux en cours au bureau national. Pour plus de renseignements, veuillez consulter www.afn.ca.

Il me fait plaisir de reprendre contact avec vous après la période de réflexion, de repos et de rassemblements familiaux que constitue la période des fêtes. Avec la possibilité d’un véritable changement à l’horizon, cette nouvelle année s’annonce palpitante. 

Budget 2014

Le budget fédéral 2014 doit être déposé au mois de février. L’Assemblée des Premières Nations (APN) s’engage à l’avance dans des activités de défense d’intérêts par divers moyens, notamment par l’entremise de mémoires au Comité permanent des finances de la Chambre des communes pour que nos priorités en matière de budget soient incluses dans les recommandations au ministre des Finances. Cette année ne fait pas exception. Des priorités ont été déterminées par le Comité exécutif de l’APN en fonction des directives énoncées par les dirigeants des Premières Nations. Ces priorités portent sur de nouveaux arrangements financiers, ainsi que sur des investissements en matière d’éducation, d’aptitudes et de formation, d’infrastructures, d’eau, de logement, de prévention de la violence, de services de police et de programmes en matière de justice et de guérison.

Cette année, nous avons reçu comme directive de mettre l’accent sur l’obtention de ressources pour l’éducation des Premières Nations. 

Les Premières Nations n’ont eu de cesse d’affirmer qu’il était crucial pour la réussite de nos enfants de remédier aux lacunes des transferts en matière d’éducation aux écoles des Premières Nations. Ces lacunes ont été exacerbées par le plafond de 2 % imposé au milieu des années 1990 dans le domaine de l’éducation et des mesures doivent être prises pour y remédier. Cependant, ce que nous recherchons va au-delà de simplement combler l’écart. Nous cherchons plutôt à faire en sorte que les étudiants des Premières Nations bénéficient de systèmes éducatifs durables qui favorisent une éducation enracinées dans leurs cultures.

Au mois de novembre, conformément à une directive du Comité des Chefs sur l’éducation, J’ai écrit au ministre des Finances et lui ai réitéré le besoin d’octroyer à l’éducation des Premières Nations un financement stable, prévisible, durable et équitable. Des investissements immédiats sont requis au niveau du financement des salles de classe pour combler l’écart, avec un engagement envers des clauses d’indexation annuelles afin que les investissements ne s’avèrent pas une fois de plus insuffisants. Un financement est aussi nécessaire pour soutenir les organisations éducatives régionales existantes des Premières Nations et, au besoin, en créer de nouvelles, favoriser les programmes linguistiques et culturels, construire de nouvelles écoles et faire en sorte que les établissements existants demeurent conformes à des normes acceptables.

Lors de l’Assemblée extraordinaire des Chefs de décembre 2013, les Chefs ont unanimement fait part de leur engagement de placer les enfants au centre de nos efforts et des approches que nous préconisons, et nous ont enjoints de prendre toutes les mesures nécessaires pour que le Canada prenne en compte les facteurs indispensables à leur réussite. Conformément à la résolution à cet égard, nous nous efforçons d’obtenir un engagement envers le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations qui respecte et reconnaisse nos droits inhérents, notre titre, nos droits issus de traités et notre compétence, qui favorise et soutienne une pleine immersion et un plein enracinement de toute l’éducation dans les langues et cultures autochtones, qui permette de développer des mécanismes de supervision et d’évaluation garantissant une reddition de comptes réciproque et éliminant toute surveillance et autorité du gouvernement fédéral, et qui préconise un processus significatif de soutien pour que ces conditions soient prises en compte dans le cadre d’un engagement de travailler ensemble au moyen d’un co-développement pleinement conforme aux droits et à la compétence des Premières Nations. Et, tel que stipulé dans la résolution, une des conditions préalables à cette réussite est la garantie législative d’un financement durable qui tienne compte des coûts fondés sur les besoins de l’éducation des Premières Nations.

Le gouvernement a déjà annoncé publiquement que le prochain budget en serait un « d’austérité », avec peu de nouveaux investissements. Les Premières Nations sont confrontées depuis trop longtemps à des conditions d’austérité – nous savons que des investissements au niveau de nos enfants signifient investir dans l’avenir de nos nations et dans l’avenir du Canada. Le budget de 2012 comprenait l’engagement « d’explorer de nouveaux mécanismes de financement pour assurer un financement stable, prévisible et durable de l’éducation élémentaire et secondaire des Premières Nations ». Nous savons ce dont les enfants des Premières Nations ont besoin. Nous ne pouvons, nous ne devons et nous ne reporterons pas ce fardeau sur la prochaine génération – nous devons obtenir ce changement fondamental maintenant.

Nous allons continuer d’exercer des pressions auprès du gouvernement du Canada et de sensibiliser la population canadienne. Nous réfutons toutes les excuses de ne pas passer à l’action. Nous surveillerons étroitement le prochain budget et nous veillerons à vous informer et vous fournir des analyses. L’heure est venue d’investir dans les Premières Nations en vue d’édifier un pays plus fort pour tous nos concitoyens.

Kleco, Kleco!

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rdbrinkhurstCommuniqué du Chef national Shawn Atleo – Janvier 2014

Communiqué du Chef national Shawn Atleo – Décembre 2013

on Janvier 13, 2014

La nouvelle année est porteuse d’espoir en vue d’un véritable changement. Je peux vous assurer que votre organisation, l’Assemblée des Premières Nations, continuera de déployer tous les efforts nécessaires dans notre quête de justice et d’équité pour tous nos concitoyens. Nous allons rétablir nos relations originales et nous unir en tant que nations pour tracer la voie à suivre. Nous ferons preuve de détermination et mettrons en œuvre nos stratégies pour parvenir à des résultats. Il s’agit de nos droits et de l’avenir de nos enfants. 

Assemblée extraordinaire 2013 des Chefs de l’APN

L’Assemblée des Premières Nations a tenu son Assemblée extraordinaire des Chefs 2013 du 10 au 12 décembre et des séances préparatoires se sont déroulées le 9 décembre. Plus de 1000 délégués et observateurs se sont réunis à Gatineau (Québec) et ont confirmé une orientation fondée sur les priorités et les plans par les Premières Nations.

Comme le savent la plupart d’entre vous, je n’ai pu assister à l’Assemblée extraordinaire des Chefs car j’ai été invité en Afrique du Sud en vue de prendre part aux cérémonies commémoratives en hommage à Madiba Nelson Mandela, à titre de représentant des Premières Nations du Canada. Bien que ce fut une décision difficile à prendre compte tenu du moment, mais comme beaucoup d’entre vous m’y ont encouragé avant que le Comité exécutif ne le décide et ne m’y exhorte, il était important pour nous d’être présents afin d’honorer Madiba au nom des peuples autochtones du Canada. Je tiens à remercier tous les Chefs régionaux ainsi que les Conseils des femmes, des aînés et des jeunes pour leurs avis et leur soutien quant à ma présence à Johannesburg à l’occasion de cet hommage. J’ai été en mesure d’offrir une cérémonie traditionnelle Nuu-chah-nulth en l’honneur de Madiba, respectueusement et humblement, au nom des peuples autochtones du Canada.

Le thème de notre assemblée cette année – « Nos forces sont en nous – Unis en tant que nations pour le changement » – a revêtu une signification particulière alors que nous méditions sur le décès de Madiba ainsi que sur le besoin de réconciliation, de reconnaissance et de respect au Canada en ce qui concerne nos droits, notre titre et nos traités.

Je souhaite remercier le Comité exécutif de l’APN qui a guidé les discussions et déployé beaucoup d’efforts pour assurer le succès de cette rencontre. Les Chefs en assemblée ont unanimement réitéré que l’affirmation des droits inhérents des Premières Nations, de notre titre, de nos traités et de notre compétence était la voie à suivre pour contrôler toutes les activités ayant une incidence sur nos vies, nos terres et nos concitoyens. Nos dirigeants ont notamment réaffirmé notre soutien au contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations et au cadre politique de 2010 élaboré en ce domaine. Les Premières Nations n’appuient pas la proposition actuelle de projet de loi et toute approche en matière d’éducation des Premières Nations doit être conforme à notre plan. Les dirigeants des Premières Nations ont également réaffirmé que la mise en œuvre des traités devait être entreprise par nos concitoyens et par les signataires de traités sur une base de traité par traité. 

Dans l’ensemble, l’Assemblée extraordinaire des Chefs de l’APN s’est avérée une occasion de dialoguer, de réfléchir et d’élaborer des stratégies quant aux moyens de soutenir les Premières Nations dans l’exercice de leurs responsabilités vis-à-vis de leurs citoyens et dans l’accomplissement de leurs aspirations en tant que nations. Les Premières Nations ont tenu des cérémonies. Nous avons rendu hommage aux chefs de file qui nous ont quittés. Nous avons entendu les voix de nos jeunes concitoyens et de nos aînés. Par l’entremise d’un dialogue et de stratégies, nous avons abordé des priorités telles que la réforme des revendications globales, la mise en œuvre des traités, le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations, les pensionnats indiens, l’engagement des jeunes, la santé et les questions internationales, ainsi que les thèmes suivants : « Vers une stratégie de l’énergie des Premières Nations » et « Soutenir la sûreté et la sécurité pour nos citoyens et nos communautés ». Les résolutions qui ont fait l’objet de discussions pendant l’Assemblée extraordinaire des Chefs 2013 sont en cours de signature et seront affichées sur le site Web de l’APN dans un très proche avenir. Toutes les résolutions dont les Chefs n’ont pas débattu seront examinées par le Comité exécutif de l’APN dans le cadre de leur prochaine réunion et affichées à leur tour sur le site Web de l’APN. Je remercie toutes celles et tous ceux d’entre vous qui étaient présents et ont consacré du temps et de l’énergie à participer à nos importantes délibérations. 

Compte rendu en matière d’éducation 

Le vendredi 13 décembre 2013, le ministre d’affaires autochtones et Développement du Nord Canada, Bernard Valcourt, a rédigé une lettre ouverte sur l’éducation des Premières Nations, à mon intention et à celle de toutes les Premières Nations, en réponse à la lettre ouverte de l’APN qui exprimait nos préoccupations quant à la proposition du gouvernement fédéral et formulait nos exigences et nos conditions relative à toute approche concernant l’éducation des Premières Nations. 

Dans sa lettre, le ministre annonce son intention d’engager un dialogue ouvert avec les Premières Nations au sujet des exigences énoncées dans notre résolution nationale. L’éducation demeure une priorité première et nous poursuivrons nos efforts tant que nos conditions n’auront pas été acceptées. Nous vous encourageons toutes et tous à étudier cette résolution nationale ainsi que cette lettre et à nous faire part de vos commentaires. 

Notre position est claire et nous l’avons réaffirmée dans cette résolution adoptée à l’unanimité lors de notre Assemblée extraordinaire des Chefs. Les Premières Nations s’opposent à la proposition actuelle du gouvernement fédéral et réclament des négociations fondées sur le principe d’un contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations, qui valorise nos langues et nos cultures, avec le soutien d’un financement stable, durable et équitable. 

On peut consulter la lettre du ministre à l’adresse suivante :

[en anglais]
http://www.aadnc-aandc.gc.ca/eng/1386958638702/1386958691700

[en français]
http://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1386958638702/1386958691700 

Prendre des mesures pour faire face à la crise qui affecte le programme des services de santé non assurés

Le programme des services de santé non assurés (SSNA) requiert une transformation immédiate et fondamentale. L’écart sur le plan des résultats en matière de santé entre les Premières Nations et le reste de la population canadienne continue de croître alors que les Premières Nations n’ont pas accès à des produits et services de qualité et équitables. Les SSNA sont guidés par le principe de « contrôle des coûts » plutôt que par l’amélioration des résultats en matière de santé. Il ne s’agit de rien de moins que du mieux-être de nos enfants et de nos familles. 

Lors de l’Assemblée extraordinaire des Chefs de l’APN, les dirigeants fermement manifesté leur intention de prendre des mesures pour sensibiliser et mobiliser les Premières Nations en vue du changement. 

Le Chef régional de l’APN en Ontario, Stan Beardy, titulaire du portefeuille de la santé et président du Comité des Chefs sur la santé, va superviser, au cours des prochains mois, une campagne visant à sensibiliser les décideurs politiques, les politiciens, la population canadienne, les médias et autres organisations de santé au dossier des SSNA. L’objectif n’est pas seulement de cerner les problèmes, mais d’apporter des solutions. 

Le but de l’APN est d’accroître la pression politique en vue de parvenir à un véritable changement dans le programme des SSNA par l’entremise d’un engagement et de mesures, tant à l’échelle nationale que régionale. Des tables rondes régionales seront organisées par des organisations des Premières Nations (avec le soutien de l’APN) entre le mois de janvier et la fin du mois de février 2014. L’objectif est de recueillir les commentaires des régions à propos des obstacles qui perdurent et de trouver des possibilités de solutions ainsi que des solutions régionales inclusives. À la suite de ces tables rondes régionales, l’APN organisera pendant deux jours à Ottawa un forum national de politique sur les SSNA, en mars 2014. Les opinions et les solutions recueillies lors des 10 tables rondes régionales serviront à élaborer un énoncé de politique et un plan d’action concret auquel pourront recourir les communautés, les régions, les dirigeants et autres intervenants pour lutter contre les disparités des SSNA. 

Le plan d’action doit inclure une stratégie législative et juridique, ainsi qu’une stratégie de communication, et explorera d’éventuels partenariats avec des associations et des organisations nationales afin d’accroître la pression politique en vue de sa mise en œuvre. Les démarches en vue de nouer ces partenariats clés ont déjà débuté. 

L’APN encourage les Chefs et les citoyens des Premières Nations à s’engager politiquement afin d’améliorer les résultats en matière de santé et les services de santé non assurés. Ensemble, nous veillerons à ce que le Canada s’acquitte de ses obligations morales, légales et issues de traités relatives à la santé des Premières Nations. De plus amples détails vous seront communiqués au sujet des tables rondes régionales et du forum national sur les SSNA. 

Conclusion

Être présent en Afrique du Sud pour les cérémonies d’hommage à Madiba a été un incroyable moment historique pour les dirigeants autochtones et pour les peuples du monde entier. Madiba a illustré comment le véritable leadership découlait du courage et de la compassion. Il a prouvé au monde entier que la réconciliation n’était pas seulement possible, mais essentielle. Ses paroles nous inspirent et nous guident alors que nous nous préparons à relever les grands défis qui se dressent devant nous – « cela semble toujours impossible avant d’être accompli ». Merci à Madiba pour le merveilleux héritage qu’il nous laisse. Il a renforcé notre détermination et rendu plus claire notre vision de jours meilleurs pour nos enfants.

Je vous offre ainsi qu’à vos familles mes souhaits les plus sincères à l’occasion d’une saison des fêtes remplie d’amour, de joie et d’espoir. Je vous donne rendez-vous à toutes et à tous dès le début de 2014!!

Kleco, Kleco!

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rdbrinkhurstCommuniqué du Chef national Shawn Atleo – Décembre 2013

Communiqué du Chef national Shawn Atleo – 4 novembre 2013

on Novembre 4, 2013

Bulletin spécial sur l’éducation des premières nations 

L’éducation des Premières Nations et l’« Ébauche de projet de loi sur l’éducation des Premières Nations » du gouvernement fédéral 

Les Premières Nations ont le pouvoir d’instaurer le changement pour nos enfants dès maintenant

Toutes les Premières Nations ont maintenant reçu la lettre envoyée le 22 octobre 2013 par le ministre Valcourt et le gouvernement du Canada à propos de l’ébauche d’un projet de loi sur l’éducation des Premières Nations. 

Le 23 octobre, l’APN a publié une déclaration dans laquelle le Chef régional Googoo (Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve), qui préside le Comité des Chefs sur l’éducation, et moi-même avons réitéré la position des Premières Nations, qui découle de des décennies de résolutions émises par des Chefs de partout au pays, sur les priorités en matière d’éducation :

  • Contrôle par les Premières Nations;
  • Financement juste et équitable et investissements dans nos écoles et nos étudiants;
  • Rôle essentiel des langues et des cultures pour favoriser la réussite de nos étudiants.

 

L’éducation des Premières Nations est d’une importance cruciale et la publication par le gouvernement fédéral d’une ébauche de projet de loi dans ce domaine donne lieu à un nouveau sentiment d’urgence, et aussi une possibilité d’agir. Nous savons que des mesures adéquates doivent être prises immédiatement en ce qui concerne l’éducation des Premières Nations et, dans l’intérêt de nos enfants et de nos nations, nous devons faire en sorte qu’elles le soient, et ce dès maintenant. 

Nous croyons que, ensemble, nous avons le pouvoir d’instaurer le changement dont nos enfants ont besoin – un changement qui respecte nos droits, nos langues et nos cultures et favorise la réussite de chacun de nos enfants. 

En 1972, nous avons ensemble solennellement déclaré que « la maîtrise indienne de l’éducation indienne » était une exigence absolue. Depuis lors, nous avons constamment et collectivement milité pour un changement fondé sur nos droits, nos connaissances, nos langues et nos cultures. Ainsi que l’a déclaré le juge Sinclair de la Commission de vérité et de réconciliation : « L’éducation est à l’origine du problème et elle doit en être la solution ». 

Dans plusieurs régions du pays, ce changement survient déjà alors que nos dévoués éducateurs et dirigeants voient leurs efforts pour mettre de l’avant des plans précis et des priorités détaillées en matière d’éducation couronnés de succès. Les réussites que nous commençons à observer dans le domaine de l’éducation des Premières Nations le sont justement dans des domaines contrôlés par les Premières Nations, qui sont parvenues à mettre en œuvre leurs propres solutions. Il n’existe pas d’approche universelle et la diversité régionale doit être pleinement respectée. L’accord conclu par les Mi’kmaq Kina’matnewey en Nouvelle-Écosse, promulgué en tant que loi en 1999, en est un exemple. Leur taux d’obtention de diplôme de 87,7 pour cent excède de beaucoup les moyennes à l’échelle des provinces et du pays. Ce taux doit être comparé à celui de 35 pour cent qui prévaut dans les écoles situées dans les réserves et régies par le système fédéral, qui sont confrontées à un sous-financement et un manque de soutien. 

Les chiffres démontrent que les solutions proposées par les Premières Nations donnent de biens meilleurs résultats que le statu quo. Ils prouvent également que tous les gouvernements doivent collaborer avec les Premières Nations en tant que véritables partenaires afin d’obtenir de tels résultats.  

L’éducation des Premières Nations n’a jamais autant suscité l’attention du public qu’aujourd’hui. Selon moi, nous devons saisir cette occasion que nous avons créée ensemble, maintenir l’élan suscité par les prises de position des dirigeants des Premières Nations et faire en sorte que nos solutions soient dès maintenant le moteur du changement. 

En regard de chacune de nos priorités, nous réclamerons un changement conforme à notre point de vue. Nous presserons résolument le gouvernement d’appliquer les directives précises émises par les Premières Nations :

  • Financement juste, équitable et durable;
  • Contrôle par les Premières Nations;
  • Inclusion garantie des langues et des cultures.

 

Premièrement, nous devons obtenir la garantie d’un financement juste et durable. Ce financement doit éliminer les écarts et les inégalités et doit comprendre des taux de croissance correspondant aux besoins. Cet engagement doit être ferme et faire partie du budget fédéral. Actuellement, le financement ne fait l’objet que de mentions prévoyant un encadrement futur dans le cadre de règlements. Nous sommes conscients des écarts qui prévalent et nous attendons des investissements – dès maintenant. Par conséquent, nous allons accroître nos efforts pour faire en sorte que le budget 2014 reflète les investissements nécessaires pour l’éducation des Premières Nations. Nous ne pouvons pas attendre 2015 ou après pour obtenir les garanties de financement dont nous avons besoin tout de suite. Nos enfants méritent mieux. Ces garanties doivent assurer un financement juste qui tienne compte des défis propres à nos écoles, l’élimination des écarts discriminatoires qui prévalent entre le financement de nos étudiants et les autres, et favoriser la mise en place de systèmes qui permettront à nos enfants de s’épanouir et réussir dans leur langue et leur culture. Un financement est également indispensable pour veiller à ce que nos étudiants disposent de lieux d’apprentissage sûrs et appropriés. 

Deuxièmement, nous devons concrétiser le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations. C’est pour nous la seule façon de disposer d’institutions éducatives correspondant à nos normes et à nos besoins. Nous devons disposer de systèmes scolaires soumis à une obligation totale de rendre compte vis-à-vis des enfants des Premières Nations et de leurs parents, dotés de la capacité de mesurer les taux de réussite et de s’améliorer sans cesse. Pour y parvenir, nous n’avons pas besoin d’être placés sous l’égide ou la supervision du ministre ou de tout autre administrateur nommé par le ministère. Ce genre de supervision unilatérale ressemble étrangement aux politiques désastreuses du passé dont nos communautés et nos familles continuent d’être les victimes. Chaque Première Nation doit être en mesure d’élaborer ses propres normes, d’un niveau égal ou supérieur aux normes provinciales, mais conçues chacune pour tenir compte de la langue, de la culture, ainsi que des modes d’apprentissage et de connaissance. 

En dernier lieu, même si l’importance des langues et des cultures est prise en compte, des précisions quant à leur soutien sur le plan du financement doivent être apportées. Nous devons obtenir la garantie que les langues et cultures des Premières Nations joueront un rôle primordial dans l’éducation des Premières Nations. La clé de la réconciliation et de la guérison après l’ère des pensionnats indiens est de faire en sorte de réédifier cet apprentissage. Alors que le but des pensionnats indiens était de déchirer des familles et d’éliminer nos langues et nos cultures, des systèmes éducatifs efficients favoriseront la réédification, le rétablissement et la revitalisation de nos communautés au moyen de cursus scolaires fondés sur nos langues et nos cultures. 

Nous continuerons sans relâche de militer pour le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations et de promouvoir et favoriser l’épanouissement et la réussite de nos enfants. Nous avons la chance de pouvoir toutes et tous être guidés par les voix, les opinions et la vision de nos aînés, ainsi que par nos propres experts et leaders en matière d’éducation qui ont élaboré la première déclaration et l’ont renouvelée de pair avec un plan de mise en œuvre dans le cadre de notre Assemblée générale annuelle en 2010. 

Nous savons quelle est la voie à suivre, et je vous encourage toutes et tous à nous faire part de vos points de vues et de vos commentaires. Ensemble, nous allons continuer de veiller à ce que cette priorité soit au cœur de notre action. Nous demeurerons résolus, mais nous ne demeurerons pas impassibles. Nous obtiendrons maintenant des résultats fondés sur notre orientation, nos droits et nos priorités. 

L’Assemblée des Premières Nations va préparer une analyse complète de la proposition du gouvernement fédéral et des prochaines étapes éventuelles. À cette fin, nous organiserons dans les prochaines semaines un forum national d’information et de discussion technique afin d’évaluer chaque aspect de la proposition fédérale en fonction de notre stratégie de mise en œuvre du « contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations » ainsi que de toutes les exigences relatives à la réconciliation. Le Comité des Chefs sur l’éducation se réunira également pour examiner les détails, les analyses et les stratégies. Nous encourageons chaque Première Nation et chaque organisation à nous faire part de sa vision concernant la mise en œuvre du contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations. Nous demandons également à notre Conseil national des jeunes d’aborder cette question et de partager ses points de vue et ses suggestions dans le cadre du 4e Sommet national des jeunes qui se déroulera à Saskatoon (Saskatchewan), sur le territoire visé par le traité no 6, du 18 au 21 novembre. 

Je demeure plus que jamais résolu à déployer tous les efforts, sur tous les plans, pour faire valoir la nécessité de répondre à ces exigences dès maintenant. Le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations, des partenariats respectueux et des engagements envers un financement juste, durable et prévisible sont tous des éléments qui revêtent une importance fondamentale. Les systèmes éducatifs doivent favoriser de l’espoir et des débouchés, respecter les droits des Premières Nations et être enracinés dans les cultures et les langues des Premières Nations. 

Nous pouvons et nous devons saisir cette occasion de prendre la bonne direction. Pour nos enfants, nous ne pouvons remettre cette tâche à plus tard ou la laisser à une autre génération. 

Nous continuerons de vous tenir informés de tout développement relatif à cette importante question. 

Kleco, Kleco!

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rdbrinkhurstCommuniqué du Chef national Shawn Atleo – 4 novembre 2013

Communiqué du Chef national Shawn Atleo – Octobre 2013

on Octobre 31, 2013

Compte tenu des récents développements dans la région Atlantique, j’aimerais vous proposer, de concert avec le Chef régional Roger Augustine et au nom de l’Assemblée des Premières Nations (APN), un compte rendu des récentes rencontres avec les dirigeants et citoyens de la Première Nation d’Elsipogtog, d’autres dirigeants de la région et le Grand Conseil Mi’kmaq. Ces rencontres nous ont permis d’exprimer notre soutien à cette communauté, d’aborder la question de la sécurité de tous les citoyens qui protègent leurs terres et leurs eaux, ainsi que de discuter des questions plus globales portant sur la nécessité absolue de respecter le titre et les droits autochtones, ainsi que la mise en œuvre des traités.

Protection des eaux et des terres de la Première Nation d’Elsipogtog

J’ai été reçu dans la communauté d’Elsipogtog à de nombreuses reprises ces dernières semaines et au cours des derniers mois. J’ai rencontré au mois de juillet les membres du Cercle des femmes, le Chef Arren Sock et son Conseil, et j’ai appuyé leurs efforts en vue de protéger leurs territoires traditionnels. À l’époque, nous avons discuté avec les autorités locales et les avons encouragées à travailler en étroite collaboration avec les gardiens de la paix pour faire en sorte que la sûreté et la sécurité de toutes et de tous soit assurée, en plus d’insister sur le fait que la situation nécessitait une coordination et une communication totales, ainsi qu’un soutien accru envers la recherche d’une solution durable garantissant la sécurité des citoyens de la Première Nation d’Elsipogtog. 

Il n’a jamais fait de doute que les préoccupations et les inquiétudes éprouvées à Elsipogtog ne concernent pas uniquement un seul projet ni les seules activités de fracturation. Ce sont les droits des Premières Nations, les traités et le titre autochtone qui sont en jeu, ainsi que le droit des Premières Nations d’avoir leur mot à dire sur des activités qui ont lieu sur leurs territoires traditionnels. Plus globalement, cette situation illustre le besoin pour les Premières Nations de favoriser une stratégie sur l’énergie partout au pays. Les Premières Nations proposent des alternatives sur le plan de l’énergie verte et durable, et elles ont un rôle crucial à jouer afin de les promouvoir en tant que volet de premier plan d’une stratégie et d’une politique à l’échelle nationale en matière d’énergie dans ce pays. 

Le 17 octobre, tel que l’ont déclaré les dirigeants, nous avons eu le « cœur brisé » en regardant les images et les agissements à l’encontre d’aînés, de femmes et d’enfants qui protégeaient leurs droits et leurs territoires. L’APN a toujours soutenu et soutiendra toujours les citoyens et les dirigeants qui revendiquent pacifiquement leur droit d’avoir leur mot à dire sur toute activité pouvant avoir une incidence sur leur vie, leurs terres et leurs droits. 

Les gestes posés ont aussi choqué parce que le Chef et la communauté s’étaient engagés dans des discussions « de bonne foi » avec la province en vue de chercher une issue à la situation lorsque le raid a eu lieu. Des actions de ce genre, qui sapent la confiance et réduisent les chances de dialogue, constituent un recul important. La sûreté et la sécurité de nos citoyens doit être une priorité et une exigence pour aller de l’avant. 

Nous appuyons sans réserve le Chef, le Conseil et les citoyens d’Elsipogtog dans l’affirmation de leurs droits, et nous continuerons d’apporter notre soutien à cette communauté qui tente d’en arriver à un règlement qui respecte ses droits et sa compétence. 

Rencontres communautaires à Elsipogtog 

Le 17 octobre, le personnel de mon bureau et moi-même avons immédiatement communiqué avec les dirigeants de la Première Nation d’Elsipogtog, le Chef régional Roger Augustine et d’autres dirigeants régionaux. Le même jour, j’ai rédigé une lettre à l’intention du premier ministre du Nouveau-Brunswick, David Alward, afin de lui faire part de nos graves préoccupations face aux agissements de la GRC et réitérer le besoin urgent d’assurer la sûreté et la sécurité des citoyens. J’ai également écrit au Chef Sock pour réaffirmer notre soutien envers les membres de la Première Nation d’Elsipogtog et lui offrir tout le soutien qui pourrait s’avérer nécessaire. Le Comité exécutif de l’APN a de plus mis sur pied une équipe de soutien dont les membres se tiennent prêts à se rendre à tout moment à Elsipogtog à la demande du Chef et du Conseil. 

À tout moment nous avons respecté le leadership du Chef, du Conseil et de la communauté de la Première Nation d’Elsipogtog et les avons assurés que nous n’agirions que sur leurs directives. Au cours des jours qui ont suivi, nous avons tenu des discussions importantes, notamment avec le Grand Conseil Mikmaq, au sujet des répercussions d’ensemble et des préoccupations éprouvées par toute la nation Mikmaq à l’endroit d’Elsipogtog. 

Le 24 octobre, j’ai eu l’honneur d’être invité à une rencontre entre le Grand Conseil Mi’kmaq, le Chef d’Elsipogtog Arren Sock et d’autres dirigeants et membres de la communauté de la région Atlantique. Accompagné du Chef régional Roger Augustine, nous avons discuté de stratégie, de sécurité communautaire et des prochaines étapes. 

Les dirigeants se sont déclarés en faveur de l’élaboration d’un plan de sécurité communautaire et d’une stratégie ayant pout but de protéger et promouvoir les droits des Mi’kmaq et les droits à la terre issus de traités. Nous avons aussi discuté du besoin de proposer une stratégie nationale élargie des Premières Nations en matière d’énergie, axée sur l’énergie verte, les combustibles fossiles, ainsi que de promouvoir un plan global pour une durabilité et des économies reposant sur les interprétations traditionnelles et la relation issue de traités. 

Développement des ressources et intérêts relatifs à l’énergie

La situation à Elsipogtog n’est pas isolée. Des Premières Nations de partout au pays sont confrontées à des intérêts semblables et quelquefois à des pressions de l’industrie en vue d’exploiter leurs terres et leurs ressources naturelles. Les Premières Nations ont exprimé clairement leur point de vue. Nous ne sommes pas contre tout développement, mais nous ne favoriserons pas le développement à tout prix. Nous devons être consultés au tout début. Nous devons participer activement à tout développement ou à tout projet de développement qui aura une incidence sur nos terres, nos territoires, et sur l’avenir de nos enfants et de nos familles. L’obligation de consulter doit être respectée, tout comme la norme du consentement préalable, libre et éclairé. 

L’APN et les dirigeants des Premières Nations d’un océan à l’autre n’ont de cesse d’appeler les gouvernements et l’industrie à respecter les droits des Autochtones, les traités, ainsi que les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. 

Certaines communautés des Premières Nations travaillent de concert avec l’industrie et il existe plusieurs pratiques et modèles exemplaires que nous pouvons étudier, bien que chaque situation soit particulière et propre à un gouvernement et aux citoyens d’une Première Nation. 

Les Premières Nations ne sont pas seulement prêtes pour des discussions approfondies sur le contexte d’ensemble du développement, notamment en ce qui a trait à l’énergie et l’énergie propre, mais elles exigent de telles discussions. Le Comité des Chefs sur le développement économique se réunira à Moncton (Nouveau-Brunswick) les 13 et 14 novembre prochains. Dans le cadre de leurs travaux, ses membres examineront les retombées du Sommet international autochtone sur l’énergie et l’exploitation minière que nous avons organisé à Niagara Falls en juin 2011 et qui s’est avéré une vraie réussite. Ils discuteront de la possibilité d’organiser un second sommet pour tirer profit des avancées du premier et continuer de promouvoir nos objectifs. Un groupe spécial de réflexion sur l’énergie sera à l’ordre du jour de notre prochaine Assemblée extraordinaire des Chefs à Gatineau (Québec), du 10 au 12 décembre. 

En parallèle de ces activités, l’APN surveille étroitement et participe plus activement aux forums internationaux sur l’environnement. Il ne fait aucun doute que les peuples autochtones doivent se faire entendre sur le changement climatique et sur tout l’éventail de ses répercussions sur les terres et les eaux. Nous allons explorer toutes les avenues pouvant nous permettre d’avancer sur cette question par tous les moyens possibles. À cette fin, deux possibilités nous seront bientôt offertes, à savoir le Forum des Nations Unies sur le changement climatique, qui se déroulera en Pologne du 11 au 22 novembre 2013, ainsi que la réunion publique du Groupe de travail des Nations Unies sur les objectifs du développement durable à la fin du mois de novembre. Nous devons trouver et nous trouverons de nouveaux moyens de faire en sorte que nos voix soient entendues. 

En conclusion, il ne fait aucun doute que le plein respect et la reconnaissance des droits des Premières Nations, notamment le droit à un consentement préalable, libre et éclairé en regard de tout développement proposé pouvant avoir une incidence sur nos terres, nos eaux et nos citoyens, est l’objectif premier qui guide nos efforts. Le soutien à Elsipogtog, dont nous avons été les témoins, appelle des mesures pour débattre de la question d’ensemble du développement partout au pays. Les Premières Nations sont à l’évidence des acteurs de premier plan à cet égard et le Canada ne peut ignorer le sujet plus longtemps. Notre heure est venue. Nous entrons dans une ère d’action. 

Nous vous tiendrons informés sur cette importante question au fur et à mesure des développements et nous vous rappelons que vous pouvez consulter www.afn.ca à tout moment pour plus de renseignements. Nous avons créé une page Web entièrement consacrée à Elsipogtog à l’adresse suivante : http://www.afn.ca/index.php/en/elsipogtog-solidarity-en

Kleco, Kleco!

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rdbrinkhurstCommuniqué du Chef national Shawn Atleo – Octobre 2013

National Chief Atleo spoke to a packed room at Queen Elizabeth House, University of Oxford on 9 October 2013

on Octobre 11, 2013

En anglais seulement

National Chief Atleo spoke to a packed room at Queen Elizabeth House, University of Oxford on 9 October 2013, as part of commemorative events marking the 250th anniversary of the Royal Proclamation. National Chief Atleo spoke to the priority issues facing First Nations in Canada, from education to resource development opportunities and the enduring requirement for recognition and affirmation of relationships to achieve fairness, justice and harmony. Listen to the podcast of his speech.

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rdbrinkhurstNational Chief Atleo spoke to a packed room at Queen Elizabeth House, University of Oxford on 9 October 2013
Assembly of First Nations
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