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Bulletin de L’APN – Rencontre entre les premiers ministres et les dirigeants autochtones Août 2014

on Septembre 3, 2014

Rencontre entre les premiers ministres et les dirigeants autochtones – 27 août 2014 – Charlottetown (Î.-P.-É.) 

Le Chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Ghislain Picard, a participé à une rencontre entre les premiers ministres, les dirigeants des territoires et les dirigeants des organisations nationales autochtones le 27 août 2014, avant le début de la réunion du Conseil de la fédération à Charlottetown (Î.-P.-É.).  

Le Chef national Picard a abordé la question du besoin urgent de prendre des mesures pour mettre fin à la violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles autochtones, avant de rappeler d’autres priorités clés des Premières Nations, notamment l’éducation, le développement économique, le logement, l’atténuation des catastrophes nationales, les services à l’enfance et à la famille, et la santé. À l’issue de la rencontre, le Chef national Picard a rédigé une lettre à l’intention des premiers ministres et des dirigeants des territoires et leur a soumis un mémoire intitulé « Agir ensemble sur des priorités communes : pour l’avenir des peuples autochtones et de tout le Canada ». Ce mémoire comporte des recommandations particulières dans les domaines prioritaires. Cette lettre et ce mémoire sont affichés sur le site www.afn.ca ou directement à l’adresse suivante : http://www.afn.ca/index.php/en/national-chief/highlights-from-the-national-chief/letter-to-the-premiers-from-national-chief-picard-afn-submission-to-th (en anglais seulement pour l’instant). 

Les premiers ministres et les dirigeants des territoires ont renouvelé leur appui à une commission nationale d’enquête publique et se sont entendus pour mettre sur pied une table ronde nationale avec des ministres fédéraux à titre de mesure temporaire en vue d’aller de l’avant. Ils se sont également entendus pour travailler ensemble à l’élaboration d’un Plan d’action socioéconomique pour les femmes autochtones en prévision du prochain Sommet national sur les femmes autochtones, qui doit se tenir en Nouvelle-Écosse au mois d’octobre 2014, et au cours duquel seront abordées des questions telles que les causes profondes de la vulnérabilité à la violence et les défis qui en découlent. 

Les Premières Nations de partout au Canada continuent de déployer des efforts individuels et collectifs pour améliorer les conditions de vie de leurs citoyens, et notamment de prendre des mesures pour contrer les barrières systémiques actuelles qui mettent en péril la sûreté et la sécurité des femmes, des jeunes filles et des familles. Les Chefs-en-assemblée ont pris l’engagement personnel de tout faire pour mettre fin à la violence et ont adopté un plan d’action national à cet égard en 2012. L’Assemblée des Premières Nations va continuer de militer avec insistance en faveur de mesures immédiates pour éliminer la violence et notamment, mais sans s’y limiter, de la mise sur pied d’une commission nationale d’enquête publique. 

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rdbrinkhurstBulletin de L’APN – Rencontre entre les premiers ministres et les dirigeants autochtones Août 2014

BULLETIN 35e Assemblée générale annuelle

on Juillet 29, 2014

Juillet 2014

L’APN diffuse régulièrement des comptes rendus sur les travaux en cours au bureau national. De plus amples renseignements sont présentés sur le site Web de l’APN : www.afn.ca.

Assemblée générale annuelle – 15 au 17 juillet 2014 – Halifax (Nouvelle-Écosse)

La 35e Assemblée générale annuelle (AGA) de l’Assemblée des Premières Nations (APN) s’est déroulée sur le territoire des Mi’kmaq, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, du 15 au 17 juillet 2014. Plus de 1 100 dirigeants, aînés et jeunes des Premières Nations se sont réunis pour examiner des questions prioritaires et décider d’une orientation et d’une stratégie pour les semaines et mois à venir.

L’AGA de l’APN a été précédée par le Sommet national des jeunes, qui a eu lieu à Halifax le dimanche 13 juillet, et par la réunion de la Confédération des nations, qui s’est tenue le 14 juillet 2014.

Pendant les trois jours de l’Assemblée générale, 302 Chefs en assemblée ont adopté 33 résolutions dans des domaines prioritaires, dont une portant sur l’engagement d’examiner en profondeur la structure et le fonctionnement de l’APN afin de s’assurer que l’organisation ne cesse d’évoluer et de s’adapter pendant que les Premières Nations réédifient leurs nations et revendiquent leur souveraineté et leur compétence. Les autres résolutions ont établi une orientation dans divers dossiers, dont la mise en œuvre des traités, l’application du contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations en respectant les approches, les besoins et la diversité des régions, le financement de l’éducation postsecondaire, la mise sur pied du Comité des Chefs sur la fracturation hydraulique, la réconciliation et la justice pour les survivants des pensionnats indiens. Toutes les résolutions sont affichées sur le site Web de l’APN, à www.afn.ca, ou accessibles directement sur cette page Web : http://www.afn.ca/uploads/files/resolutions/afn_aga_2014_resolutions.pdf.

Les Chefs en assemblée ont aussi décidé de tenir l’élection du Chef national de l’APN pendant l’Assemblée extraordinaire des Chefs, à Winnipeg, au Manitoba, du 9 au 11 décembre 2014. Les Chefs ont aussi nommé Ghislain Picard, Chef régional du Québec/Labrador, au poste de Chef national jusqu’à l’élection de 2014.

Le Comité organisateur de l’AGA a tenu de nombreuses activités culturelles qui ont été couronnées de succès, dont le Dîner de gala. Les délégués de l’AGA ont formé à l’unisson un cercle de l’espoir pour demander des mesures pour mettre fin à la violence contre les femmes et jeunes filles autochtones et ont réitéré leurs appels pour la mise sur pied d’une commission d’enquête publique sur les femmes et jeunes filles autochtones assassinées et disparues. Une danse de la couverture a eu lieu en guise de témoignage de soutien à Marlene Bird, une victime de la violence en Saskatchewan; la somme de 4 508 dollars été amassée pour aider Marlene Bird à obtenir des soins et un traitement.

Des comptes rendus seront diffusés régulièrement sur l’élection du Chef national de l’APN de décembre 2014.

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rdbrinkhurstBULLETIN 35e Assemblée générale annuelle

BULLETIN – Juillet 2014

on Juillet 7, 2014

BULLETIN – Confédération des nations et Assemblée générale annuelle – Juillet 2014

Confédération des nations – Lundi 14 juillet 2014, Halifax (Nouvelle-Écosse)

Une rencontre de la Confédération des nations est prévue le lundi 14 juillet 2014, de 9 h à 17 h, dans la grande salle de bal du Palais des congrès et centre d’échange internationaux (World Trade and Convention Centre) de Halifax (Nouvelle-Écosse).

L’inscription aura lieu au Palais des congrès le dimanche 13 juillet entre 16 h et 20 h, et le lundi 14 juillet à compter de 7 h 30. La participation est sans frais pour les délégués attitrés, les étudiants, les aînés et les anciens combattants. Tous les autres observateurs doivent acquitter des frais de 50 $. 

Le Comité exécutif de l’APN a proposé l’ordre du jour suivant pour cette rencontre d’une journée :

 

9 h                   Ouverture

Examen et adoption des règles de procédure

Examen et adoption de l’ordre du jour préliminaire

9 h 30              Éducation – Discussion sur la voie à suivre

11 h                 Élection-APN – Discussion au sujet du directeur général des élections

12 h                 Repas

13 h 30            Réforme de l’APN

17 h                 Prière de clôture

 

La Confédération des Nations est définie dans la Charte de l’APN « en tant que corps gouvernant entre les assemblées des Premières Nations-en-Assemblée », et elle est tenue de rendre compte aux Chefs en assemblée. Pour plus d’informations, veuillez consulter www.afn.ca ou rendez-vous directement àhttp://www.afn.ca/index.php/fr/a-propos-apn/la-confederation-des-nations-de-lassemblee-des-premieres-nations%20intro.

Cette rencontre de la Confédération des Nations rassemblera des représentants de chaque région, sur la base d’un représentant par région, plus un représentant par tranche de 10 000 citoyens des Premières Nations de cette région. En vertu de la Charte de l’Assemblée des Premières Nations, chaque région doit élire ou nommer ses représentants lors d’une réunion convoquée à cet effet. Pour plus de renseignements sur le processus de nomination des délégués, veuillez communiquer avec le bureau du Chef régional de votre région.

Le nombre de délégués par région a été confirmé comme suit :

Délégués à la Confédération des nations

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Votes à la Confédération des nations

Province

Hors réserve

En réserve

Total

1 Par région

1 Par 10 000

Total

NB/PE

6 396

 9 858

 16 254

 1

 2

 3

NS/NL

31 995

 13 224

 45 219

 1

 5

 6

QC

27 479

 54 846

 82 325

 1

 9

 10

ON

106 192

 93 115

 199 307

 1

 20

 21

MB

58 745

 88 213

 146 958

 1

 15

 16

SK

73 893

 70 654

 144 547

 1

 15

 16

AB

44 660

 72 620

 117 280

 1

 12

 13

BC

76 219

 62 233

 138 452

 1

 14

 15

YT

5 101

 3 990

 9 091

 1

 1

 2

NT

6 141

 12 304

 18 445

 1

 2

 3

 

436 821

 481 057

 917 878

 10

 95

 105

 

 

 

 

 

 

 

Source : Registre des Indiens, AADNC – en date du 31 décembre 2013

 

 

 

Assemblée générale annuelle – Du 15 au 17 juillet 2014 – Halifax

La 35e Assemblée générale annuelle de l’APN aura lieu à Halifax (Nouvelle-Écosse), du 15 au 17 juillet, sur le territoire Mi’kmaw. Des centaines de Chefs, aînés et jeunes des Premières Nations se rassembleront sous le thème « Ensemble en tant que nations : informer, habiliter, éclairer » en vue de déterminer la voie à suivre pour répondre à des priorités clés découlant des droits, des traités, du titre et de la compétence des Premières Nations, tout en étant guidés par la vision de communautés sûres, en bonne santé et prospères.

Un ordre du jour provisoire est affiché sur le site Web de l’APN à www.afn.ca ou directement à :http://www.afn.ca/uploads/files/14-06-12_aga_provisional_draft_agenda_ff2.pdf.

Le comité hôte de l’AGA 2014 tiendra plusieurs activités culturelles et spéciales passionnantes. Pour plus de renseignements, veuillez consulter www.afn.ca ou http://www.afn.ca/index.php/fr/la-35e-assemblee-generale-annuelle.

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rdbrinkhurstBULLETIN – Juillet 2014

Déclaration du Chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Shawn A-in-chut Atleo

on Mai 28, 2014

Le 2 mai 2014 

Ottawa (Ontario) – Le Chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Shawn A-in-chut Atleo, a fait la déclaration suivante aujourd’hui, à Ottawa.

« J’ai établi des priorités précises en ce qui concerne la reconnaissance du titre ancestral ainsi que des droits ancestraux et issus de traités et en ce qui concerne la sûreté et la sécurité de ceux parmi nous qui sont les plus vulnérables; j’ai également fait de l’éducation de nos enfants une priorité absolue.

J’ai dit qu’il était temps pour nous les Autochtones de briser le statu quo et que mon travail comme défenseur de nos intérêts consistait à ouvrir des portes pour que les Premières Nations prennent l’initiative du changement

C’est dans cette optique que nous avons travaillé fort pour entamer un nouveau dialogue entre le Canada et les Premières Nations, un dialogue ancré dans la reconnaissance réciproque, le respect et la réconciliation, et pour parvenir à la constatation que des Premières Nations plus fortes sont essentielles à un Canada plus fort.

J’ai eu le grand honneur et privilège de visiter une bonne centaine d’écoles des Premières Nations dans chaque région. C’est le temps passé avec les enfants, leurs enseignants dévoués, leurs parents et leurs grands-parents qui m’a inspiré et a fait naître en moi une solide détermination. Je pense à la regrettée Shannen Koostachin, aux jeunes garçons et filles dans les communautés éloignées du Nord comme le jeune Jayden, en fait à tous ceux que vous m’avez entendu mentionner à de nombreuses reprises. L’étincelle dans leurs yeux et ce que nous savons en tant que dirigeants et en tant qu’adultes doivent nous pousser à redresser les choses… tout de suite. 

Le travail qui nous attend est rempli de défis; s’il était facile, il serait déjà terminé maintenant. Le dialogue d’aujourd’hui a commencé il y a plus de 40 ans sous le leadership de feu George Manuel et de bien d’autres. La maîtrise indienne de l’éducation indienne, énoncé de politique publié en 1972 par nos propres éducateurs, dont Verna Kirkness, demeure une affirmation puissante de notre résilience et de notre détermination à réaliser le changement et la justice pour nos enfants par l’éducation.

Briser le statu quo signifie mettre fin à la lenteur extrême des changements pour nos populations et leur offrir un soutien total en vue de leur croissance et de leur réussite. Briser le statu quo signifie adopter de nouvelles approches fondées sur la reconnaissance réciproque et la réconciliation. 

Les discussions en cours et les points de vue divers nous rappellent, au sein de l’Assemblée des Premières Nations, que nous aussi, nous avons beaucoup de travail à faire. Ce qui a inspiré la création de l’Assemblée des Premières Nations c’était la nécessité d’avoir un organe de défense des intérêts des Premières Nations, qui les réunirait et leur permettrait de se soutenir mutuellement. J’ai encouragé, au sein de l’Assemblée, une réflexion sur nos processus et notre approche afin de susciter un désir de reconstruction de nos nations.

Briser le statu quo veut dire que chacun a un rôle à jouer. Le statu quo ne devrait être acceptable pour aucun parti politique – NPD, Libéraux ou Conservateurs. Le statu quo ne devrait jamais être acceptable non plus pour nos Chefs et nos dirigeants. 

Le travail à accomplir est un défi pour tous les parlementaires comme pour nos nations. Tout le monde connaît notre histoire récente – une lettre ouverte, une résolution claire et cinq conditions. 

Du début jusqu’à la fin, et avec ce mandat que nous ont donné les Chefs, moi-même et de nombreuses autres personnes avons fait tout ce qui était possible pour que ce changement advienne.

Je suis très fier du travail accompli – très fier des efforts collectifs réalisés pour vaincre le statu quo sur cette question et d’autres.

Des efforts sincères et importants ont été accomplis auparavant, lors des négociations constitutionnelles et de la Commission royale par exemple, et plus récemment, des efforts importants ont été accomplis comme ceux qui ont abouti à l’accord de Kelowna avec l’ancien premier ministre Paul Martin. La proposition actuelle concernant l’éducation est la dernière tentative et est un effort sincère et constructif de la part du premier ministre Stephen pour faire un pas en avant.

Le travail à faire doit être compris dans ce contexte – comme un défi, non pas pour moi ou quiconque d’autre – mais un défi et un appel à l’action pour l’ensemble du pays. 

J’ai lutté pour ce travail et pour accomplir ce mandat. Ce travail est trop important et je ne suis pas prêt à y faire obstacle ou à servir de paratonnerre devant nos enfants et leur potentiel. Par conséquent, je donne aujourd’hui ma démission comme Chef national. 

Mes actions ont été fondées sur des principes et sur l’intégrité. Personnellement, je crois que ce travail doit se faire. Il peut et doit se faire parallèlement à d’autres efforts visant à régler des questions fondamentales sur « la manière » dont ce travail sera exécuté. Le travail commencé il y a un si grand nombre d’années doit continuer. Il doit continuer dans chaque communauté et il doit continuer au sein du Parlement. Je mets chaque parti et chaque Première Nation au défi de faire avancer ce travail. L’échec n’est tout simplement pas envisageable. Défendre le statu quo n’est tout simplement pas acceptable.

Aujourd’hui, j’exprime ma plus profonde gratitude pour le soutien, la générosité et le respect que m’ont témoignés les Premières Nations et une multitude sans cesse croissante de citoyens d’un bout à l’autre du Canada. Servir a été pour moi un très grand honneur.

Je vais, comme je l’ai fait toute ma vie, continuer cette lutte par d’autres voies. Je désire remercier tous ceux et celles qui, sans se faire remarquer, ont travaillé pour l’éducation et pour nos enfants. Bien que l’on ne vous entende pas et que l’on ne vous voie pas aujourd’hui, l’avenir se souviendra de vous comme des héros de ce travail.

 L’Assemblée des Premières Nations est l’organisme national qui représente les Premières Nations au Canada.

 

-30-

 

 

Renseignements : 

Jenna Young, agente des communications de l’APN
613-241-6789, poste 401; mobile : 613-314-8157, ou courriel :  HYPERLINK « mailto:jyoung@afn.ca » jyoung@afn.ca

 

Alain Garon, agent des communications bilingue de l’APN
613-241-6789, poste 382; mobile : 613-292-0857, ou courriel : agaron@afn.ca

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rdbrinkhurstDéclaration du Chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Shawn A-in-chut Atleo

Bulletin technique Démission du Chef national et prochaines étapes

on Mai 12, 2014

Mai 2014

L’Assemblée des Premières Nations diffuse régulièrement des comptes rendus sur le travail en cours au bureau national. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site web de l’APN à www.afn.ca.

Démission du Chef national de l’APN Shawn A-in-chut Atleo

Lors de sa démission, le 2 mai 2014, Shawn A-in-chut Atleo, Chef national de l’APN, a déclaré : « Ce travail (l’éducation) est trop important et je ne suis pas prêt à y faire obstacle ou à servir de paratonnerre devant nos enfants et leur potentiel. » Pour lire la déclaration intégrale, consultez le site Web de l’APN à www.afn.ca ou cliquez ici

Dans un communiqué publié le 7 mai, le Comité exécutif national de l’APN a salué le travail dévoué de l’ancien Chef national Atleo et l’a remercié pour ses efforts renouvelés visant à changer les choses pour les Premières Nations et l’ensemble du Canada. Vous pouvez également lire ce communiqué sur le site Web de l’APN à www.afn.ca ou en cliquant ici

Les membres du Comité exécutif national de l’APN se sont réunis les 5 et 6 mai à Ottawa pour discuter de la ligne de conduite à adopter et des prochaines étapes à suivre aux termes de la Charte de l’APN. 

Prochaines étapes et rencontres clés

Les travaux de l’APN se poursuivent dans les secteurs prioritaires établis par les Chefs, et les Chefs régionaux continuent à superviser les portefeuilles dont ils sont responsables. Les 5 et 6 mai, le Comité exécutif de l’APN s’est réuni et a convenu de nommer le Chef régional de l’APN pour le Québec et le Labrador, Ghislain Picard, porte-parole du Comité exécutif jusqu’à ce que ce dernier en décide autrement. 

L’APN convoquera une réunion du Comité des Chefs sur l’éducation (CCE), qui se déroulera à Ottawa le 15 mai. Cette rencontre élargie regroupera des Chefs et des techniciens qui ne font pas actuellement partie du CCE. 

L’APN convoquera également une Assemblée extraordinaire des Chefs qui se tiendra à Ottawa, le 27 mai, à l’hôtel Westin. Les principaux objectifs de l’Assemblée extraordinaire des Chefs sont les suivants :

  • déterminer une approche relativement à l’adoption du projet de loi C-33 et l’éducation des Premières Nations;
  • convenir du moment et de l’endroit de l’élection du prochain Chef national.

 

De plus amples renseignements sur ces deux réunions vous seront transmis dans les prochains jours, dès que les détails seront connus. Pour en savoir plus, veuillez consulter sur le site de l’APN à www.afn.ca.

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rdbrinkhurstBulletin technique Démission du Chef national et prochaines étapes

Communiqué du Chef national Shawn Atleo – Avril 2014

on Avril 2, 2014

L’APN diffuse régulièrement des comptes rendus sur les travaux en cours au bureau national. Pour plus de renseignements, veuillez consulter www.afn.ca.


 

COMPTE RENDU D’AVRIL : CONTRÔLE PAR LES PREMIÈRES NATIONS DE L’ÉDUCATION DES PREMIÈRES NATIONS et MOBILISATION POUR LES FEMMES ET JEUNES FILLES AUTOCHTONES DISPARUES OU ASSASSINÉES 

Au nom de l’Assemblée des Premières Nations (APN), il me fait plaisir de vous proposer ce compte rendu concernant les travaux et les priorités des Premières Nations sur la voie du changement pour nos citoyens, nos communautés et nos nations. 

Contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations : Un cadre pour la réussite de l’éducation des Premières Nations

La semaine dernière, j’ai eu l’honneur de participer à la dernière activité nationale publique de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, dans le cadre de laquelle j’ai déclaré que selon moi l’heure était venue de se soutenir pleinement les uns les autres et de mettre avant tout l’accent sur la prochaine génération. Nous n’oublierons jamais les pensionnats indiens, un héritage qui nous connaissons trop bien car nous vivons quotidiennement avec ses séquelles. Mais j’entends plusieurs voix qui s’élèvent pour nous mettre en garde de ne pas transmettre ce fardeau à une autre génération. Nos enfants doivent apprendre l’histoire, mais ils doivent aussi apprendre à se connaître eux-mêmes, apprendre leur identité en tant que fiers citoyens des Premières Nations, et apprendre leurs chants, leurs récits et leurs langues. Nous sommes toujours là et nous sommes forts. Peut-être que notre ultime réponse aux pensionnats indiens est de clamer haut et fort à l’intention de tout le Canada : « Nous sommes toujours là, nous allons reprendre notre place légitime et assumer à nouveau nos responsabilités de prendre soin de nos enfants, de protéger et de revitaliser nos langues, nos cultures, nos terres et nos territoires.

J’ai visité plusieurs communautés et, si j’ai constaté beaucoup de soutien envers une mobilisation pour l’éducation, j’ai aussi entendu des préoccupations. Je comprends tout à fait ces réactions. Cette tâche est cruciale et nous devons l’accomplir correctement. Nous ne pouvons laisser une autre génération aux prises avec un système défaillant et des écoles qui menacent de s’effondrer. Par contre, la dernière chose que nous souhaitons est de ne prendre aucune mesure ou, pire, de permettre au gouvernement d’en prendre à notre place. Aucune de ces solutions n’est acceptable. Nous ne dirons pas à nos enfants et à nos étudiants que nous devons encore attendre pour leur dispenser l’éducation qu’ils méritent. Nous ne pouvons jamais laisser le gouvernement adopter des approches unilatérales qui peuvent compromettre nos droits, nos traités, notre titre ou notre compétence, ou déroger à l’esprit de nos accords.

C’est la raison pour laquelle la directive émise par les Chefs en Assemblée en décembre dernier était si importante. La résolution no 21/2013 a établi des conditions précises concernant la voie à suivre et préconisé une attention et une mobilisation immédiates à l’échelle nationale pour faire en sorte que ces conditions soient pleinement satisfaites, notamment l’octroi d’un financement équitable et garanti pour nos enfants. Cet effort est important et fait suite à des décennies de sensibilisation, de recherche et d’expérience. Les conditions énoncées découlent de notre document d’orientation de 2010 intitulé Le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations, qui lui-même s’inspirait du document de politique de 1972 intitulé La maîtrise indienne de l’éducation indienne, ainsi que de plusieurs rapports, études et contributions de dirigeants des Premières Nations et d’experts dans le domaine de l’éducation.

À la suite des pressions que nous avons exercées tous ensemble, nous sommes parvenus à obtenir un nouveau financement substantiel pour l’éducation des Premières Nations et le plafond de 2 % qui constituait une entrave pour nos étudiants (voir pièce jointe) a été éliminé une fois pour toute. De plus, le gouvernement a annoncé que la nouvelle loi confirmant le contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations serait conforme aux cinq conditions que nous avons énoncées. Les activités de sensibilisation qui ont permis cette avancée ont joué un grand rôle et s’inscrivaient dans le mandat clair conféré par les Chefs en Assemblée. Néanmoins, il incombera à chaque Première Nation dans chaque région de déterminer les prochaines étapes et la voie à suivre la concernant, conformément à ses droits, ses responsabilités et les directives de ses membres pour favoriser pleinement la réussite de tous ses étudiants. 

Il est important de se rappeler que ce sera un processus de longue haleine et que ce ne sont là que les premières étapes. Affirmer le contrôle par les Premières Nations et garantir un financement stable et équitable, notamment en ce qui a trait au soutien des langues et de la culture, n’est qu’une étape de transition dans un processus qui permettra aux Premières Nations elles-mêmes de proposer leurs propres systèmes dans le cadre de discussions de nation à nation et d’une confirmation de leurs propres accords ou de la mise en œuvre de traités, de lois ou d’arrangements des Premières Nations avec des tierces parties. 

Pour appuyer l’analyse et les efforts déployés pour progresser, l’APN a rédigé un document intitulé Contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations : Un cadre pour le succès de l’éducation des Premières Nations. Ce document, que l’on peut consulter sur le site Web de l’APN, énumère les cinq principes du contrôle par les Premières Nations et expose en détail les éléments clés relatifs à chacun d’eux. Une ébauche de ce cadre a été remise aux membres du Comité des Chefs sur l’éducation en janvier 2014 en vue de recueillir des opinions tant à l’échelle locale que régionale. Je vous encourage à prendre connaissance de ce document, mais je tiens à souligner quelques points que nous nous attendons à retrouver dans tout texte de loi fédéral : 

Compétence  

  • Respecter et reconnaître le titre et les droits inhérents, les droits issus de traités et le principe du contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations. Les Premières Nations doivent envisager toutes les options pour promouvoir leur éducation et toute entente à cette fin doit être pleinement respectée, mise en œuvre et soutenue. Sur ce point, nous devons affirmer sans équivoque que nous nous attendons à ce que les droits inhérents et issus de traités des Premières Nations soient respectés. Les accords favorisant l’éducation des Premières Nations par l’entremise de la mise en œuvre des traités, la réédification des nations ou l’autonomie gouvernementale seront respectés, mis en œuvre et soutenus. 

 

Financement

  • Fournir en tant que condition préalable une garantie obligatoire de financement de l’éducation des Premières Nations qui soit durable et reflète les coûts découlant des besoins, conformément à l’obligation du Canada. Il est nécessaire d’éliminer les écarts en matière de financement, et notamment toutes les restrictions, ainsi que de fixer un taux équitable pour faire face à l’augmentation des besoins en matière d’éducation due à la croissance démographique. Du soutien doit être prévu au niveau de l’élaboration des systèmes et la période de transition, et notamment en ce qui concerne le curriculum relatif aux langues et à aux cultures ainsi que pour garantir la sûreté, la sécurité et la salubrité des établissements d’enseignement. 

 

Langues et cultures

  • Mettre en place et soutenir des systèmes favorisant une immersion complète et l’enracinement de toute l’éducation dans les langues et cultures autochtones. L’éducation des Premières Nations nécessite l’inclusion du savoir et des langues des Premières Nations, ainsi que l’enseignement et l’apprentissage dans les langues et les cultures des Premières Nations. Le financement des langues et des cultures doit être inclus dans le curriculum de base. Les experts culturels, les aînés et les parents doivent être des participants actifs dans les systèmes éducatifs des Premières Nations. 

 

Obligation réciproque de rendre compte et transparence

  • Élaborer des mécanismes pour surveiller et évaluer, pour définir l’obligation réciproque de rendre compte, ainsi que pour se soustraire à toute autorité et supervision du gouvernement fédéral. L’éducation des Premières Nations doit être contrôlée et soutenue par les Premières Nations. Les Premières Nations doivent disposer de l’autonomie leur permettant de concevoir les systèmes, les codes et les lois. L’éducation des Premières Nations est fondée sur la participation et la responsabilité parentales, assurées par un contrôle transparent à l’échelle locale. 

 

Dialogue constructif

  • Garantir un processus effectif de soutien pour répondre à ces conditions dans le cadre d’un engagement de travailler ensemble sur une base de co-développement, en prenant pleinement en compte les droits et la compétence des Premières Nations. Le Canada doit s’engager dans des discussions et un dialogue direct pendant toute la phase de développement, notamment au niveau des règlements, et mettre en place avec les communautés des Premières Nations des accords relatifs à l’approche choisie pour favoriser l’éducation, entre autre en ce qui concerne la mise en œuvre des traités. 

 

Les travaux qui ont mené à l’élaboration de ce cadre ont débuté depuis plusieurs mois avec un dialogue et des discussions à l’échelle régionale qui ont permis aux Premières Nations d’exposer leur vision du contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations. L’APN va continuer de soutenir et de faciliter ces travaux et rédigera un aperçu d’ensemble final au début du mois d’avril. 

Il appartient à chaque région et chaque Première Nation de déterminer comment ces cinq conditions doivent être remplies tout en respectant leurs droits et intérêts. L’APN n’est pas détentrice de droits – les Premières Nations elles-mêmes doivent préparer les prochaines étapes car elles seules peuvent formuler, concevoir et mettre en place leurs propres systèmes éducatifs. 

En dépit de notre diversité à l’échelle du pays, nous sommes unanimes quant à déclarer que le statu quo en éducation est inacceptable et doit prendre fin. Non seulement nous devons rejeter le statu quo et un système défaillant, mais nous devons aussi formuler les conditions nécessaires pour garantir le succès et élaborer nos proches approches en fonction de nos exigences. Mais nous pouvons travailler ensemble, nous soutenir et nous respecter les uns les autres en traçant nos propres voies avec pour objectif commun la réussite de nos enfants. 

Je suis tout à fait convaincu qu’ensemble – aînés, experts, dirigeants, jeunes – nous pouvons apporter les réponses nécessaires, nous engager et trouver les solutions qui nous permettront de concrétiser notre vision du contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations. 

Nous allons continuer de consulter les Premières Nations sur une grande échelle au cours des prochaines semaines et nous les soutiendrons au niveau de l’élaboration de leurs stratégies et approches relatives au contrôle par les Premières Nations de l’éducation des Premières Nations. 

Compte rendu : Mobilisation pour les femmes et jeunes filles autochtones assassinées ou disparues

Le lundi 10 mars 2014, j’ai rencontré des dirigeants d’organisations nationales autochtones, notamment l’Association des femmes autochtones du Canada, le Ralliement national des Métis, l’Association nationale des centres d’amitié et le Congrès des peuples autochtones. Le but de cette rencontre était de discuter d’une mobilisation immédiate pour les femmes et jeunes filles autochtones assassinées ou disparues, dans la foulée du dévoilement le 7 mars du rapport extrêmement décevant du Comité spécial parlementaire sur la violence à l’égard des femmes autochtones. 

Nous avons discuté de stratégies pour aller de l’avant car nous ne pouvons accepter le statu quo ou l’approche restreinte adoptée par ce gouvernement. Nous sommes tous entendus sur la nécessité de prendre des mesures immédiates. Lors de cette rencontre, tous les participants ont renouvelé leur appel en vue de la mise sur pied d’une commission nationale publique d’enquête sur les femmes et jeunes filles autochtones assassinées ou disparues. Nous nous sommes également entendus sur la nécessité de coordonner nos efforts, notamment en matière de prise de conscience et de sensibilisation en vue d’une enquête nationale ainsi que de mesures immédiates pour assurer la sûreté et la sécurité des femmes et des jeunes filles autochtones. 

Tous les représentants des organisations présentes se sont entendus pour prendre les choses en main et commencer à élaborer nos propres conditions en vue d’une enquête nationale afin de faire en sorte qu’elle soit inclusive, ciblée et constructive. Nous allons étudier les moyens dont nous disposons pour aller de l’avant avec des partenaires, avec ou sans le soutien du gouvernement. 

Une autre idée a été avancée, à savoir la mise sur pied d’un centre national de recherche axé sur la sécurité des femmes autochtones. Nous allons continuer d’explorer cette option ainsi que d’autres en prévision des nombreuses possibilités à venir de souligner l’importance de cet enjeu et de susciter la mobilisation parmi les parlementaires, les provinces et les territoires, et les partenaires internationaux. 

Toutes les organisations autochtones se sont engagées à proposer leur propre plan d’action, affirmer leur solidarité, coordonner leurs travaux et renforcer les mesures individuelles. Nous attendons aussi la publication de rapports importants de la part d’organisations internationales telles que la Commission inter-américaine des droits de l’homme et le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, ainsi que du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, pour faire progresser les discussions et sommer le Canada d’agir. 

Nous nous sommes tous entendus pour continuer de réclamer des mesures sur cette question cruciale et déployer tous les efforts pour assurer la sûreté et la sécurité des femmes et des jeunes filles autochtones. 

Kleco, kleco! 

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rdbrinkhurstCommuniqué du Chef national Shawn Atleo – Avril 2014

Chef national Shawn A-in-chut Atleo – Allocution Commission de la vérité et de la réconcilliation de Canada

on Avril 2, 2014

Le 27 mars 2014

[Salutations traditionnelles] 

Je me revois aujourd’hui six ans plus tôt alors que j’assistais aux excuses du premier ministre au nom du Canada à la Chambre des communes. 

Mais je ne me souviens pas que des paroles du premier ministre. 

Ce dont je me souviens le plus, ce sont des réactions et des émotions de nos concitoyens ce jour-là, ainsi que des paroles de notre ancien Chef national et de feu ma grand-mère qui résonnent encore clairement dans ma tête aujourd’hui. 

Alors que nous nous rassemblons dans le cadre de la dernière activité nationale découlant de ce douloureux épisode, de cette quête pour l’expression de la vérité et l’illustration de notre souffrance et de notre chemin vers la guérison, je me dois de partager avec vous certaines réflexions antérieures et actuelles. 

Le Chef national Phil Fontaine, dans sa réponse aux excuses, a parlé du terrible chapitre de notre histoire commune qu’ont été les pensionnats indiens et nous a toutes et tous implorés d’avoir le courage d’affronter les périodes les plus sombres. Il a parlé de survie et de l’affirmation de notre place en tant qu’Autochtones. Et il a invité l’ensemble du Canada à se joindre à cet effort de réconciliation. 

Ma grand-mère a vécu à sa façon cette journée. En me tenant la main, elle s’est penchée vers moi et m’a dit : « Mon petit, ils commencent seulement à nous voir ». Elle m’a aussi fait partager un rêve que j’ai moi-même partagé depuis à plusieurs reprises. Le rêve de tenter de tourner par elle-même une page, une page sombre, mais la page était lourde, trop lourde. Elle savait que l’aide de nombreuses personnes serait nécessaire pour tourner cette très lourde page – une page du même terrible chapitre auquel le Chef national Fontaine a fait allusion. 

Aujourd’hui, j’ai l’insigne honneur de partager avec vous mes pensées sur cet effort de vérité et de réconciliation, tant personnellement pour avoir connu plusieurs personnes – dont des membres de ma propre famille – qui ont été envoyées dans les pensionnats, qu’en tant que Chef national. J’ai été témoin de la souffrance et de l’anxiété profondes de celles et ceux qui ont révélé la vérité, et du rayon de lumière projeté sur les pans les plus sombres. 

Ma propre famille et mon expérience personnelle ont été profondément marquées par ce que cette lumière a exposé – des récits d’expériences menées sur des enfants innocents et le profond traumatisme intergénérationnel qui en a découlé. Enfant, j’ai personnellement été confronté à la violence. Cette vraie souffrance a aussi fait de moi une victime. Je crois que nous pouvons et que nous devons nous soutenir les uns les autres pour faire en sorte de ne plus être confinés ou assimilés à un rôle de victimes, qui continue de nous faire souffrir et de faire souffrir celles et ceux que nous aimons, et de devenir plutôt de fiers survivants qui ont accompli leur difficile cheminement. Nous pouvons, nous devons et nous allons choisir de briser ce cycle. 

Aujourd’hui, j’ai le privilège de partager avec vous mes réflexions tant personnelles que de Chef national sur ce dont j’ai été témoin dans nos communautés et dans nos foyers partout dans ce pays. Il n’est pas difficile de trouver des gens qui luttent. Il y en a partout autour de nous. Nous sommes un peuple constamment confronté, assailli et vacillant sous le traumatisme. Nous subissons, et nous supportons. C’est normal compte tenu de notre passé et c’est notre réalité. 

Grâce à la richesse et à la fierté de notre culture, à la force de nos ancêtres, nous pouvons nous délivrer de cet état de traumatisme profondément enraciné, nous pouvons passer de l’ombre à la lumière et libérer l’énergie de notre espoir et de notre confiance en l’avenir. 

Grâce à la vérité nous pouvons nous libérer des liens de la colère et de la haine. Nous pouvons libérer les générations futures de la colère et de la haine. Nous pouvons leur transmettre l’héritage de notre esprit, de nos chants, de nos langues et de nos cultures. Nous n’oublierons jamais. Nous nous souviendrons de ce dont ils ont tenté de nous priver – et c’est ce que nous transmettrons à la prochaine génération. 

Permettez-moi de partager avec vous ma constante motivation face à cet effort. Tout simplement, ce sont nos enfants – tous nos enfants – où qu’ils vivent. Nos enfants ont toujours été au cœur de nos cultures. Prendre soin et veiller à l’éducation de nos enfants a toujours été l’une des principales valeurs de nos nations. 

En tant que Chef national, j’ai visité plus d’une centaine d’écoles et j’ai eu la chance d’écouter nos enfants, d’être le témoin attentif de leur sagesse, une sagesse qui parfois s’exprime sans paroles. Dans certains cas, il suffit d’une étincelle d’intensité, d’une lueur dans leurs yeux, de leur soif d’apprendre et de vivre dans leur langue et leur culture.

 

Aujourd’hui, nous pouvons à nouveau centrer notre identité sur ce besoin profond de protection de nos enfants. Nous pouvons et nous devons commencer à préparer la façon de raviver cette flamme et cette énergie au sein de chacun de nos foyers et de chacune de nos familles. 

Tout commence par le pardon au sein de nos propres familles – le pardon de ne pas se raccrocher à la douleur et à la souffrance et, surtout, de cesser de les transmettre. 

Le pardon n’est pas l’oubli. Ces expériences, et surtout la douleur qu’elles ont engendrée, peuvent nous en apprendre beaucoup, tant pour ce qui est de ne plus être des victimes que de ne pas faire des autres des victimes. Il ne s’agit pas d’absoudre les responsabilités. C’est plutôt un besoin profond, et c’est un signe de force. Le pardon peut nous libérer et nous donner les moyens d’aller de l’avant. Il commence par notre engagement de ne pas placer ce fardeau sur les épaules de nos enfants. 

L’occasion nous est maintenant offerte de sortir de la nuit sombre, et nous allons avoir besoin du meilleur de nous-mêmes. Nous devrons faire honneur à nos concitoyens, perpétuer nos souvenirs, non pas nous raccrocher à la souffrance mais en tirer des leçons, affirmer « plus jamais », réédifier nos communautés et nos nations en sachant que nous avons survécu. 

Notre héritage n’est pas la colère et la douleur. Notre héritage est le courage, la résilience et la force. Notre avenir est d’avancer vers un nouveau jour, en nous appuyant sur nos souvenirs et sur l’essence de notre force, une force qui repose sur l’amour et non sur la haine, sur la compassion et non sur la colère. 

Voici l’avenir qui nous attend et nous allons écrire ce nouveau chapitre en nous inspirant de notre dévouement envers nos enfants et de notre besoin de les protéger. Nous allons revenir à la source de nos enseignements et à leur profonde signification en en faisant plus que des symboles. Nous allons nous comporter conformément à nos enseignements et célébrer nos cultures en harmonie au sein de nos nations et avec nos voisins. 

Je ne laisse pas entendre que notre tâche est achevée – non, loin de là. Nous nous préparons maintenant à la tâche encore plus difficile de réunir nos forces et de les mettre à contribution, pour nous libérer des entraves de la honte et du cycle de souffrance et déterminer notre propre voie vers l’avenir, fondée sur l’amour, le respect et la célébration de nos traditions. 

Une nouvelle aube se lève. On le voit dans les yeux fébriles des jeunes enfants qui veulent apprendre, qui veulent savoir qui ils sont, qui veulent connaître leur histoire, leur chants et leur spiritualité. 

Les jeunes enfants ont une compréhension innée de la richesse de leur peuple. Nous avons maintenant la chance d’entretenir cette richesse, et nous devons toutes et tous être prêts à voir cette richesse. 

Comme l’a dit ma grand-mère : « Ils commencent seulement à nous voir. » Je pense qu’elle laissait aussi entendre que nous aussi, en tant que peuple, nous commençons seulement à « voir » de nouveau. 

En comprenant et en assumant nos rôles et nos responsabilités, tout d’abord et avant tout au sein de nos foyers et de nos familles, nous allons libérer le formidable potentiel de nos nations, en nous inspirant de ce que nous sommes et de ce que nous allons devenir. 

Nous allons poursuivre notre quête de justice et d’une pleine reconnaissance. L’État doit être encouragé à nous accompagner sur cette voie. Nous demeurerons forts et inébranlables. 

Nous nous efforçons et nous continuerons de nous efforcer de contrôler notre éducation, un objectif commun de nos nations depuis que le premier groupe d’enfants a été enlevé pour intégrer les pensionnats indiens – plus jamais! J’encourage tous les survivants nos alliés à promouvoir et soutenir l’enseignement de nos traditions dans nos écoles. La vérité nous conduit à la guérison et à l’apprentissage qui nous confèrent une grande force. 

En sensibilisant tous les Canadiens et l’État canadien, nous avons ouvert de nouvelles voies vers la guérison et ravivé la flamme de nos nations. Nous avons accompli des progrès remarquables et nous reprenons notre place dans l’histoire de ce pays. Nous avons à jamais banni la notion selon laquelle cette terre était vierge. Et nous proposons à tous les Canadiens – qui trop longtemps ont été privés de la riche et féconde histoire de nos nations, de nos cultures et de notre art – de les aider à comprendre les véritables origines de notre souveraineté, de notre partenariat et de nos traités. Nous allons poursuivre sur cette voie, en partageant avec eux ces connaissances et en les invitant à cheminer à nos côtés vers un nouvel avenir. 

C’est un moment important et exaltant. Grâce à ce que je vois dans les yeux des enfants, je suis convaincu que nous pouvons et que nous allons mettre un terme à un cycle de douleur et de souffrance. 

Voici l’incroyable parcours accompli par l’entremise de la Commission de vérité et de réconciliation. Maintenant, nous entrevoyons l’avenir avec confiance – confiance en notre soutien mutuel et vis-à-vis de nos enfants grâce à l’éducation. Partout autour de nous, je vois le succès s’installer. C’est pour nous l’occasion de ne pas se sentir rejetés ou exclus, mais de cultiver cette nouvelle voie et de nous épanouir avec une force renouvelée. 

Et nous devons toutes et tous comprendre – chacune et chacun d’entre nous, Premières Nations et non Autochtones, nouveaux arrivants, personnes de toutes religions et de tous horizons – que ceci est notre histoire, que nous avons fait le récit de notre passé et qu’il est maintenant temps de façonner l’avenir. 

Kleco, kleco.

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rdbrinkhurstChef national Shawn A-in-chut Atleo – Allocution Commission de la vérité et de la réconcilliation de Canada
Assembly of First Nations
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