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6/2/15 Réponse du Chef national de l’Assemblée des Premières Nations Perry Bellegarde aux conclusions de la Commission de vérité et de réconciliation

on Juin 2, 2015

2 juin 2015
Ottawa (Ontario)

Motivés par leur courage, les survivants des pensionnats indiens se sont mis en quête de justice et de reconnaissance de la part du Canada en s’adressant aux tribunaux qui ont pavé la voie à la vérité et à la réconciliation. Aux anciens élèves des pensionnats indiens – les survivants – je vous rends hommage et je vous remercie. C’est avec humilité que je me tiens devant vous. Au nom de l’Assemblée des Premières Nations, l’une des parties à la Convention de règlement, je remercie les commissaires pour la détermination, le courage et la sincérité dont ils et elles on fait preuve en s’attelant à cette tâche importante de vérité et de réconciliation. 

L’engagement de l’Assemblée des Premières Nations envers la réconciliation demeure ferme. La réconciliation prend de nombreuses dimensions, alors que nous composons avec les séquelles du système des pensionnats indiens, un système qui, nous le savons, avait pour objectif de débarrasser le Canada des Indiens. Cette expérience nous a laissés aux prises avec un écart – un écart persistant, considérable et inacceptable en matière de qualité de vie entre les Premières Nations et les autres Canadiennes et Canadiens. Nous nous engageons à accomplir la tâche nécessaire pour éliminer cet écart. 

Les appels à l’action définissent et nous rappellent le travail qui nous attend – nos enfants doivent grandir en sécurité et à l’aise dans leur foyer et leur communauté d’origine. Il est par conséquent essentiel de résoudre la question de la surreprésentation des enfants des Premières Nations au sein du système de protection de l’enfance. Nous savons que, si nous n’agissons pas, nous allons perdre nos langues autochtones, les joyaux de ce pays. Il est prévu que seules trois langues autochtones survivront, dont les langues crie et objibway en ce qui concerne les Premières Nations. C’est pourquoi il est impératif de revitaliser et de préserver nos 58 autres langues, qui sont au cœur de notre identité. Une première étape essentielle est la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones pour paver la voie à la réconciliation dans tous les domaines de notre existence qui ont été affectés par la colonisation et la tentative de génocide culturel enclenchée par le système des pensionnats indiens. 

Nous nous réjouissons de l’appel lancé par les commissaires aux parties à la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens en vue d’un nouveau pacte pour faire en sorte que le travail de réconciliation se poursuive. Au cours des dernières années, nous avons relevé plusieurs défis et accompli des progrès. Nous vous remercions de faire preuve de la volonté d’affronter la vérité et de travailler avec nous. Poursuivre dans cet esprit permettra d’instaurer les conditions futures que nous souhaitons pour tous nos concitoyens : la guérison, la paix, la justice et la qualité de vie que nous méritons toutes et tous. 

L’éducation et la sensibilisation pavent d’abord la voie à la compréhension, puis à l’action, et finalement la réconciliation. Je maintiendrai mon appel en vue d’enseigner l’histoire des pensionnats indiens au Canada. 

En tant que dirigeant, je me considère comme un contributeur — en cri « oskapewis » — et je promets d’être digne de la foi placée en moi. Nous devons passer en revue les Appels à l’action et dialoguer avec les autres parties, les dirigeants autochtones, ainsi qu’avec les Canadiennes et les Canadiens, afin d’apporter le changement transformateur que nous souhaitons tous pour nos concitoyens. Et vous, les anciens élèves et vos familles, ne méritez rien de moins que cela.

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