
La réalité pour les premières nations du Canada
Les citoyens des Premières Nations au Canada…
Vivent dans des conditions de tiers-monde
· Selon une étude effectuée par Affaires indiennes et du Nord Canada, qui a comparé les statistiques propres aux Premières Nations à l’indicateur du développement humain créé par les Nations Unies, les conditions de vie des Premières Nations les placent au 63e rang des nations du monde pour la qualité de vie, c’est-à-dire parmi le tiers-monde.[1]
· Le Canada est passé du premier au huitième rang des pays où il fait bon vivre, principalement en raison des conditions de logement et de santé des collectivités des Premières Nations.
· La taux de mortalité infantile parmi les Premières Nations est 1,5 fois plus élevé que parmi les Canadiens non autochtones.[2]
· Une étude menée par Affaires indiennes et du Nord Canada (L’indice du bien-être des collectivités) a évalué la qualité de vie de 4 685 collectivités canadiennes en tenant compte de l’instruction, de l’activité de la population active, du revenu par habitant et du logement. Une seule Première Nation s’est classée parmi les 100 premières collectivités, tandis que 92 Premières Nations se sont retrouvées parmi les 100 dernières collectivités. La moitié de toutes les collectivités des Premières Nations ont eu un pointage inférieur à la moyenne comparativement à seulement 3% des autres collectivités canadiennes.
Meurent plus jeunes que les autres Canadiens
· Dans les collectivités des Premières Nations, un homme meurt 7,4 ans plus tôt qu’un Canadien non autochtone et une femme meurt 5,2 ans plus tôt qu’une Canadienne non autochtone (l’espérance de vie des citoyens des Premières Nations est estimée à 68,9 ans pour les hommes et à 76,6 ans pour les femmes).[3]
Ont des taux plus élevés de suicide, de diabète, de tuberculose, de VIH/sida
· Le taux de suicide parmi les Premières Nations est plus de deux fois plus élevé que parmi les autres Canadiens. Le suicide compte maintenant parmi les principales causes de décès des membres des Premières Nations âgés de 10 à 24 ans, et on estime que ce taux est cinq ou six fois plus élevé que celui enregistré chez les jeunes non autochtones.[4]
· La prévalence du diabète parmi les Premières Nations est au moins le triple de la moyenne nationale, des taux élevés étant enregistrés dans tous les groupes d'âge.[5]
· Le taux de tuberculose chez les populations des Premières Nations vivant dans les réserves est de 8 à 10 fois supérieur à celui enregistré pour l'ensemble de la population canadienne.[6]
· Les Autochtones constituent seulement 5 % de la population canadienne, mais représentent 16 % des nouveaux cas de VIH. De ce nombre, 45 % sont des femmes et 40 % ont moins de 30 ans. Le nombre de cas de VIH/sida chez les Autochtones est en progression constante depuis une dizaine d'années.[7]
Sont confrontés à une crise du logement et des conditions de vie
· Santé Canada signale qu’en mai 2003, 12 % des collectivités des Premières Nations devaient faire bouillir leur eau avant de la boire et qu’environ un quart des systèmes d’aqueduc dans les réserves représentent un risque élevé pour la santé humaine.
· Près de 25 % des infrastructures hydrauliques des Premières Nations sont exposées à un risque élevé de contamination.[8]
· La densité du logement est deux fois plus élevée que dans la population en général. Près d’un adulte sur quatre vit dans une maison surpeuplée.[9] Quelque 423 000 personnes vivent dans 89 000 logements surpeuplés, non conformes aux normes et se détériorant rapidement.
· Près de la moitié des logements ont besoin de rénovations.[10]
· Dans les réserves, 5 486 maisons sur 88 485 n’ont pas de service d’égout.
· La moisissure contamine près de la moitié des logements des Premières Nations.[11]
· Plus de cent collectivités des Premières Nations ont reçu un avis d’ébullition de l’eau.[12]
· Le financement de base destiné au logement dans les réserves n’a pas changé depuis 20 ans.
· Près de la moitié des citoyens des Premières Nations qui vivent en dehors des réserves habitent dans des logements de piètre qualité ne répondant pas aux normes de salubrité. La plupart des maisons des Premières Nations en dehors des réserves sont surpeuplées.
· Les citoyens des Premières Nations ont un accès limité à des habitations abordables : 73 % sont en situation de besoins impérieux et la plupart dépassent la norme de 30 % de leur revenu pour le paiement de leur loyer.
N’atteignent pas des niveaux d’éducation égaux à ceux des autres Canadiens, même si la plupart d’entre eux ont moins de 25 ans et représentent la population active de demain
· Au cours des quatre dernières années, il n’y a pratiquement pas eu de progrès pour combler l’écart existant entre le taux d’obtention d’un diplôme d’études secondaires parmi les jeunes des Premières Nations et le taux atteint par les autres jeunes du pays. Au rythme actuel, il faudra 28 ans pour que les Premières Nations rattrapent la population non autochtone.[13]
· Environ 70 % des jeunes des Premières Nations qui étudient dans les réserves ne termineront jamais l’école secondaire.[14] Le taux d’obtention d’un diplôme d’études secondaires pour la population des réserves varie entre 28,9 % et 32,1 % par an.
· Quelque 10 000 jeunes des Premières Nations qui sont admissibles à des études secondaires et désireux d’en faire ont leur nom sur une liste d’attente en raison du sous-financement.
· Le nombre d’étudiants du niveau postsecondaire diminue depuis quelques années. En 1998-1999 le nombre d’Indiens inscrits faisant des études postsecondaires est monté à 27 157, mais il a chuté à 25 075 en 2002‑2003.
· Environ 27 % de la population des Premières Nations âgée de 15 à 44 ans possède un certificat ou un diplôme d’études postsecondaires, contre 46 % de la population canadienne du même groupe d’âge.[15]
N’ont pas suffisamment d’emplois et de possibilités économiques
· Tous les groupes autochtones affichent encore un taux de chômage au moins deux fois plus élevé que celui de la population non autochtone. Les Indiens inscrits sont le groupe autochtone où le taux de chômage est le plus élevé, soit 27 %.[16]
· Les Indiens inscrits sont le groupe autochtone qui présente le taux d’activité le plus bas, soit 54 %.[17]
Et pourtant, les Premières Nations reçoivent moins d’argent de tous les paliers gouvernementaux que les Canadiens non autochtones
· Le Canadien moyen reçoit des services des gouvernements fédéral et provinciaux et des autorités municipales pour un montant qui est près de deux fois et demi supérieur à ce que les citoyens des Premières Nations reçoivent.
· En 1996, le gouvernement fédéral a imposé un plafond de 2 % par année à l’augmentation du financement des programmes de base du ministère des Affaires indiennes, ce qui est insuffisant pour compenser l’inflation et la croissance de la population des Premières Nations. Une étude récente du ministère révèle que l’écart qui sépare les Premières Nations et les Canadiens en matière de « qualité de vie » a cessé de se réduire en 1996.
[1] Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC), 1998. L’indicateur du développement humain examine le revenu par habitant, les niveaux d’éducation et l’espérance de vie pour comparer les pays du monde.
[2] Statistique Canada; Santé Canada, Les Canadiens en santé : Rapport fédéral sur les indicateurs comparables de la santé 2002
[4] Santé Canada, Document d’information de la session sectorielle sur la santé, octobre 2004
[5] Santé Canada, Le diabète dans les populations autochtones du Canada : Les faits, mars 2000
[6] Santé Canada, Profil statistique de la Santé des Premières nations au Canada, mars 2003
[7] Santé Canada, DGSPNI – Examen annuel des programmes communautaires 1999-2000, août 2000
[8] Affaires indiennes et du Nord Canada
[9] Centre des Premières Nations, Organisation nationale de la santé autochtone, Résultats préliminaires de l’enquête régionale longitudinale 2002-2003 sur la santé des Premières nations, novembre 2004
[10] Rapport de la vérificatrice générale du Canada de 2003
[11] Enquête régionale longitudinale sur la santé des Premières nations, Organisation nationale de la santé autochtone
[13] Rapport de la vérificatrice générale de 2004
[14] AINC, État nominatif 1994-2000
[15] Rapport de la vérificatrice générale de 2004
[16] Statistique Canada, Les totalisations de recensement du MAINC, 1996, T-11